‹ Moralistes françoisChapitre 279 sur 309 · LXXX · texte numérisé non relu

LXXX

Le même mérite qui fait cqpier quelques ou** vrages, les fait vieillir.

LtXXI.

Les auteurs qui se distinguent principalement

VAUVENARGIIES.

par le tour et la délicatesse * sont plus tôt usés

que les autres.

LXXXNL

Les bonnes maximes sont sujettes à devenir

triiiîales.

LXXXin.

S70. Il semble que la raison qui se communique aisément et se perfectionne quelquefois , perd d'autant plus vite son lustre et le mérite de la nouveauté. Cependant ceux qui conçoivent les choses dans toute leur force et qui poussent la sagacité jusqu'au terme de l'esprit humain» impriment ce haut caractère dans leurs expressions ;^t le reste des hommes ne pouvant atteim^ la perfection de leurs idées et de leurs discours, leurs écriu paroissent toujours originaux» pareils à ces chefnl'œuvre de sculpture qui sont depuis tant de siècles sous les yeux de tout le monde» et que personne ne peut imiter.

Le génie consiste » «n tout genre , à concevoir

plus vivement et plus par&itement son ébjet ,

et de là vient qu'on trouve dans les bons auteurs

^ quelque chose de si net et de si lumineux qu'on

est d'abord saisi de leurs idées.

Les grands hommes parlent comme la nature» simplement.

10. n est rare qu'on approfondisse hi pensée àfta antre : de aorte que si on la rencontre de soi-même dans la suite» on la voit dans un jour si différent et avec tant de circonstances et de dépendances , qu'on se l'approprie.

LXXXYIL

11 . Si une pensée n'est utile qu'à peu de per- ' sonnes» peu l'applaudiront.

LXXXVHL

14. L'espérance anime le sage et leurre le présomptueux et l'indolent qui se reposent témérairement sur ses promesses.

La prospérité illun^ne la prudence.

Le courage agrandit l'esprit.

xa.

Le courage a plus de ressources que la raiso

xcn.

La raiscm est presque inutile à la faiblesse.

xau.

Un sage gouvernement doit se régler par disposition présente des esprits.

Tous les temps ne permettent pas de 9m tous les bons exemples et toutes les boum maximes.

La vertu ne s'inqùre point par la violeBce.

Les mœur% se g&tent plus iacilenient qu ell ne se redressent.

xcvn.

Les vrais maîtres dans h poHtique et la m raie sont ceux qui tentent tout Ictt^ qu peut exécuter» et rien au-delà. *

xcvra.

L^humanité est la première des vertus.

XdX.

La lioenoe étend toutes les vertus et tous

vices.

La vertu ne peut fàjfp le bonbevr des i chants.

La paix qui borne les talents et amollit peuples » n'est un bien ni en mo^^e ni en p tique. #

RÉFLEXIONS ET MAXIMES

en. '

..es prospérités d«i mauvais rois ruinent té des peuples.

cra.

je cœur des jeimes gens connolt plutôt * que la beauté.

tour est le preAiier auteur du genre hu-

>litude tente puissamment la chasteté.

Qui bit plus de fortunes que la répuet qui donne si sûrement la réputation mérite?

cvn.

La consdenc%, l'honneur, la chasteté , ' et l'estime des hommes sont à prix t. Celui qui est riche et libéral possède

cvin.

béralité augmente le prix des richesses.

Celui qui sait rendre son dérangement t au-dessus de l'économie.

ex.

srtu n'est pas un trafic, mais une richesse.

exi.

Tai cherché s^il n'y avoit aucun moyen i sa fortune sans mérite : et me propoiir à tour le service des grands , celui des \f la souplesse et l'adulation, etc., j'ai » de tous ces chemins , ce qu'on dit or^ ment des jeux ^ hasard , qu'ils ne oonit proprement qu'à ceux qui n'avoient )erdre.

exn. .

A forWBO^ exige de grands soins. U faut iple , amusant , «srbaler , n'oflenser per-

sonne, plaire aux femmes et aux hoqpes en place, se mêler des plaisirs et des affaires, cacher son secret , cavîlr s'ennuyer la nuit à table , et jouer trois quadrilles sans quitter sa chaise ! même après tout cela , on n'est sûr derien. Sans aucun de ces artifices, un ouvrage fait de génie remporte de lui-même les suffrages et fait embrasser un métier où l'on peut aUer à la gloire par le seul mérite.

cxni.

L'écueîl ordinaire des talents médiocres est

l'imitation des gens riches. Personne n%st si fat

qu'un bel esprit qui veut être un homq^e du

monde.

Une jeune femme a moins de complaisants qu'un homme riche qui fait bonne chère.

exv.

La bonne chère est le premier Uen de la fronn^ compagnie* ,

La bonne chère apaise les ressentiments du jeu et de l'amour ; eUe réconcilie tous les hommes avant qu'ils se couchent.

exvn.

Le jeu , la dévotion , le bel esprit, sont trois grands partis pour les femmes qui ne sont plus jeunes.

exvm.

64. eelui qui s'habille le matin avant huit heures pour entendre plaider à l'audience^ Ou pour voir des tableaux exposés au Louvre, ne se connolt ordinairement ni en peinture ni en éloquence.

exix. , #

Les sots s'arrêtent devant un homme d'esprit comme devant une statue de Bemini , et lui don-

nent en passant quelque louange ridicule.

exx. •

Tous les avantages de l'esprit et même du coeur sont presque aussi fragiles que eenx de la

fortune.

VAUVENARGOES.

7i . Peasëe consolante ! I^varioe ne sTassouvit pas par les richesses , ni l'intempérance par la volupté , n{ la paresse par Toisiveté , ni Fambi- Uon par la fortune. Mais, si les talents, si la gloire , si la vertu même ne nous rendent heureux , ce que Ton appelle bonheur vaut-il nos regrets?

cxxn.

On va dans la vertu et dans la fortune le plus loin qu'dn peut. La raison et la vertu même consolent du reste.

Cerne peut être un vice dans les hommes de sentir leur force.

n y a plus de foiblesse que de raison à être humilié de ce qui nous manque, el c'est la source de toute bs^^sesse.

Ce qui me parott de phis. noble dans notre nature» est que nous nous passions si aisément d'une plus grande perfection.

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