‹ Moralistes françoisChapitre 292 sur 309 · LETTRE VII · texte numérisé non relu

LETTRE VII

Ce nmedi* mai 1716.

Je ne sais OÙ trouver M. de Hannontel c^ son Pylade; mais je m'adresse au béroe de Tamitië, pour faire passer jusqu'à eux le chagrin que me cause la petite trà)ulation arrivée à leurs feuilles, et l'empressement que j'aurai à les servir. Les recherches qu'on a feites par ordre de la Cour chez tous les libraires, au sujet du libelle de Roy, sont cause de ce malheur. On cherchoit des poisons , et on a saisi de bons remèdes. Voilà le train de ce monde. Ce misérable Roy n'est né que pour iaire du mal ; mais je me flatte que cette aventure pourra servir à feire discerner ceux qui méritent la protection du Gouvernement et du public : c'est à quoi je vais travailler avec plus de chaleur qu'à mon discours de l'Académie.

J'embrasse tendrement celui dont je voodrois avoir les pensées et le style, et dont j'ai les sentiments, et je prie le plus aimable des hommes de m'aimer un peu.

Voltaire.

LETTRE Vra.

Mai 1746.

Quoi ! hi maladie m'empêche d'aller voir le plus aimable de tous les hommes , et ne m'empêche pas d'aller à Versailles! Je rougis et je gémis de cette cruelle contradiction , et je ne peux me consoler qu'en me plaignant à vous de mot-même. Vous m'avez laissé des choses admirables dans lesquelles je vois que vous m'aimez. Je vous jure que je vous le rends bien : je sens combien il est doux d'être aimé d'un génie tel que le vôtre. Je vous supplie , monsieur, si vous voyez MH. les observaiewrs *, de leur dire que je viens de m'aperoevoir d'une faute énorme du copiste dans la petite lettre au roi de Prusse. Comme un carré Umg esl une eoniradiaion; û faut : Comme un carré plut Umg que large eH im^ contradtcCMm.

Adieu. Que j'ai de choses à vous dve et à entendre!

VoLTAina.

' Voltaire désigne l'Observateur littéraire. Journal qui parut en 1746, et dontletaoteoif éloienCMaraiOQtcl et Baortn.

LETTRES

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