ROHAN EST
De son front rajeuni la pierre du tombeau ?
Regrettez-vous le temps où nos vieilles romances ! Ouvraient leurs ailes d’or vers leur monde enchanté ; Où tous nos monuments et toutes nos croyances: Portaient le manteau blanc de leur virginité ;
Où, sous la maïn du Christ, tout venait de renaître ; Où le palais du prince, et la maison du prêtre, \ Portant la même croix sur leur front radieux, Sortaient de la montagne en regardant les cieux? ;
Où Cologne et Strasbourg, Notre-Dame et Saint-Pierre 3, S’agenouillant au loin dans leurs robes de pierre,
Sur l’orgue universel des peuples prosternés Entonnaient l’hosanna des siècles nouveau-nés ;
Le temps où se faisait tout ce qu'a dit l’histoire ;
Où sur les saints autels les crucifix d'ivoire
Ouvraient des bras sans tache et blancs comme le lait; Où la Vie était jeune, — où la Mort espérait 4?
que le paganisme, n'ayant plus pour fidèles que des esprits subtils et contemplatifs,ne peut lutter contre la naïveté et la violence de ces masses humaines,
contre leursénergies grossières,.
maïs vierges. Musset admet la succession d’une religion à une autre, sans s’attarder au regret des anciens dieux. Cf. Confession, 1, 2. Musset reproche à Montesquieu de n'avoir pas dit que le christianisme sauva les
- peuples, s’il perdit Les empereurs :
« La belle chose: à conserver que la momie de Rome embaumée des parfums de Néron, eMmmaillotée du linceul de Tibére! Il
s'agissait, messieurs les politi-
ques. de tirer des flancs de la momie une vierge aussi belle que la mère du Rédempteur, l'espérance amie des opprimés,.
Voilà ce que fit le christianisme ».
+. 4. Romance est employé ici
dans son vieux sens, comme il l'était couramment par les romantiques : «ancienne histoire, écrite en vers simples et naïfs, dont le fond est touchant, et la forme appropriée au chant. »
(Littré.)