ACTE TE Re 5e
Le vieux Strozzi dans son cabinet ; c’est un homme de pensée” incapable d'agir. Léon vient lui révéler l’injure de Salviati 5 colère; mais que faire ? « Je n'ai rien à faire ; allons dîner; le diner est servi, » — Sous le portail d’une église, Lorenzo cause avec un jeune peintre, Tebaldeo Freccia, idéaliste pur, imagination séraphique, ‘à qui. le chant de l'orgue dans les églises révèle la pensée de Raphaël et de Buonarotti; il fait le « portrait de ses rêves. » Lorenzo se moque de lui, et répand le venin de son ironie sur sa candeur enthousiaste. — Puis c'est le traître cardinal Cibo, diplomate damné du pape Paul II; il essaye de convaincre la marquise sa belle-sœur, en confession, qu'elle. ferait œuvre pie, œuvre salutaire à Florence, en acceptant l'amour d'Alexandre ; révolte : mais elle demeure toute tremblante : « Que tu. es belle, Florence, mais que tu es triste! Et pourquoi est-ce que tu te mêles à tout cela, toi, Florence ? Qui est-ce donc que j'aime? Est-ce toi, ou est-ce lui? » Ame pure, mais fascinée par le désir mauvais.du tyran, et aflaiblie par une sorte de fanatisme scrupuleux, Cette scène est
1. Ces imprécations se ressen- tions deJérémie.Musseta retenu tent un peu de la lecture des pro- | les expressions qui reparaissent phéties d’Isaie ou aies lamenta-: | le plus souvent dans la Bible.
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DA é zu j mn
. de celles qui créent l'atmosphère du drame, qui font sentir l'influence dissolvante de l1 corruption florentine. Et l’image idéale de Florence se dresse devant là réalité de Florence, mauvais lieu qui se souvient
. d’avoir été terre d’héroïsme et de beauté, — Au palais des Soderini; la
mère de Lorenzo (qui est. une Soderini), Catherine Ginori,
Lorenzo sont ensemble.]
sa tante,
| MARIE * 4 Sais-tu le rêve que j'ai eu cette nuit, mon enfant? \
Quel rêve? 2
MARIE
Ce n’était point un rêve, car je ne dormais pas!, J'étais seule dans cette grande salle; ma lampe était loin de moi, sur cette table auprès de la fenêtre. Je songeais aux jours où j'étais heureuse, aux jours de ton enfance, mon Lorenzino. Je regardais cette nuit obscure, et je me disais: il ne rentrera qu’au jour, lui qui passait autrefois les nuits à
travailler.
Mes yeux se remplissaient- de larmes, et je
- secouais la tête en les sentant couler. J'ai entendu tout d’un coup marcher lentement dans la galerie; je me suis
retournée ; un homme vêtu de noir venait à moi,
sous le bras : c'était toi,
un livre
Renzo : « Comme tu ouine de
bonne heure! » me suis-je écriée. Mais le spectre s’est assis auprès de la lampe sans me répondre; il a ouvert son livre, et j'ai reconnu mon Lorenzino d’ autrefois ?,
; LORENZO Vous l'avez vu? ’ MARIE Comme je te vois.
LORENZO Quand s’en est-il allé?
MARIE
Quand tu as tiré la cloche ce matin en rentrant.
Mon spectre, à moi! EL il s'en est allé quand je suis
rentré 3?
1. Encore la tendance à Phallucination. Cf. plus haut, p.231, n.3.