Barthélemy et Méry avaient
Et ce qu’il a fauché du troupeau des humains
Avant que l’envoyé de la nuit éternelle
Vint sur son tertre vert l’abattre d’un coup d’aile!,
Et sur son cœur de fer lui croiser les deux mains? Clouerons-nous au poteau d’une satire altière
Le nom sept fois vendu d’un pâle pamphlétaire, -
Qui, poussé par la faim, du fond de son oubli,
S'en vient, tout grelottant d'envie et d’impuissance,
Sur le front du génie insulter l’espérance, -
Et mordre le laurier que son soufile a sali??
oublier la grande voix de Hugo.
(V. l’Ode à la Colonne, écrite à propos d’une soirée à Pambassade d'Autriche, janvier 4827, où Soult, duc de Dalmatie, et Oudinot, due de Reggio, avaient
été annoncés sans leurs titres, glorieusement conquis ; — Voir aussi la Réo2rie d’un passant, dans les Feuilles d Automne).
Voici un fragment de Musset, sans date, sur Napoléon :
Oh ! d’ennemis sans foi grand vainqueur et bon hôte, Dis-nous, dis-nous laquelle eut la voix la plus haute,
Ou bien de cette: mer de peuples, de soldats, Qui roulait à tes pieds, vivante, eb dans ses bras :
Te prenait, comme fait d’un enfant sa nourrice ; Ou de cet autre mer, éternel précipice,
Qui, brisant son flot morne au rocher d’un-écueil, Te vit vieux avant l’âge ét ferma ton cercueil !
1. Cf. L’Zdole, dans les Zambes d’A. Barbier. — Ces trois vers :
« Avant que ete. » setrouvaient
déjà dans un fragment de drame
lyrique, Perdican(*) (qui n’arien e commun avec On ne badine
pas avec l’amour, malgré ce nom de Perdican)composé en 1834, — fragment où Musset faisait vi-” brer les fanfares guerrières, mrêélées aux pleurs d’un inconsolable deuil :
Prends ta robe d'acier et ton manteau de guerre,
Füs d’'Evrard:: ton cheval t'appelle en hennissant.
Les vents qui, sur ta porte, agitent ta bannière, - Sont pleins depuis trois jours de fanfares de sang,