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436 ALFRED DE-
MUSSET
Quand Horace, Lucrèce et le vieil Epicure,
Assis à
mes côtés, m'appeHeraient heureux,
Et quand ces grands amants de l’antique nature Me chanteraient la joie et le mépris des dieux, Je leur dirais à tous : « Quoi que nous puissions faire,
Je souffre, il est trop tard ;
le monde s'est fait vieux.
Une immense espérance a traversé la terre ;:
Malgré nous vers le ciel il faut lever les yeux!1! »
Que me reste-t-il donc? Ma raison révoltée
Ne
Essaye en vain de croire et mon cœur de douter. Le chrétien m’épouvante, et ce que dit l’athée, En dépit de mes sens je ne puis l’écouter.
Les vrais religieux me trouveront impie,
Et les indifférents me croiront insensé.
A qui m'adresserai-je, et quelle voix amie Consolera ce cœur que le doute à blessé ?
Il existe, dit-on, une philosophie z.
Qui nous explique tout sans révélation, - Et qui peut nous guider à travers cette vie
Entre
l'indifférence et la religion.
J'y consens. — Où sont-ils, ces faiseurs de systèmes,
Qui savent, sans la foi, trouver la vérité,
Sophistes impuissants qui ne croient qu’en eux-mêmes ?+ Quels sont leurs arguments et leur autorité ? : L'un me niontre ici-bas deux-principes en guerre,
Qui, vaincus tour à tour, sont tous deux immortels ?; L'autre découvre, au loin, dans le ciel solitaire,
4. Le mouvement oratoire de cette belle période lyrique rappelle, avec moins d’ampleur (bien qu’il soit plus long) celui qui se trouve dans l’Zmmortalité, de Lamartine : « Pour moi,