Bien que Musset semble in
- -diquer par le titre de fragment,
- -êt par la ligne de points mise en tête de la pièce, que le récit
suivant suppose une Introduc-
tion, il n’y en a pas moins, dans la soudaineté avec laquelle il évoque l’image d'une belle jeune “fille, hautaine et rêveuse, chan:
tant une mélodie pleine de mélancolie et de langueur, quel- .
que chose qui éloigne toute
curiosité trop précise des cir-
constances, du milieu et des précédents. La tonalité du poème est tout de suite donnée; cela suflit,
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Miss Smolen ést très pâle. — Elle arrive de France, Et regrette le sol qu’elle vient de quitter. = = On dit qu’elle a seize ans. — Elle est Américaine?; Mais, dans ce beau pays dont elle parle à peine,
Jamais deux yeux plus doux n’ont du ciel le plus pur
Sondé la profondeur et réfléchi l’azur.
Faible et toujours souffrante, ainsi qu’un diadème, Elle laisse à demi, sur son front orgueilleux,
En longues tresses d’or tomber ses blonds cheveux.
Elle estde ces beautés dont on dit qu’on les aime | Moins qu’on ne les admire; — un noble, un chaste cœur : La volupté, pour mère, y trouva la pudeur ÿ.
Bien que sa voix soit douce, elle a sur le visage,
Dans les gestes, l’abord, el jusque dans ses pas,
Un signe de hauteur qui repousse l'hommage, Soit tristesse ou dédain, mais qui ne blesse pas. . Dans un âge rempli de crainte et d'espérance, < Elle a déjà connu la triste indifférence,
Cette fille du temps. — Qui pourrait cependant
Se lasser d'admirer ce front triste et charmant
4. D’après l’ensemble du poëme, la scène se passe au bord de la mer, en Ecosse, — pays que la
vogue d'Ossian, puis de W. Scott :
avait rendu cher à la génération de Musset, et qui se parait pour eux d’une poésie émouvante.
2, Des Antilles sans doute, ou de la Louisiane. Georgina aura ainsi la double grâce de l’Ecossaise ct de la créole, Elle hérite du charme de Virginie (qui était de l’Ile de France), et il semble encore que dans l'imagination de Musset il y ait quelque affinité
de mélancolie entre Georgina :-
et cette autre Ecossaise fameuse, Marie Stuart, qui, elle aussi,
AADES É regrettait tant « le sol qu’elle
venait de quitter ».