AVIS NÉCESSAIRE A CEUX QUI VEULENT ETRE RICHES
La possession (le l’argent n’est avantageuse que par l’usage qu’on en lait.
Avec 6 louis (i) par an, vous pouvez avoir 1 usage (1 un capital de îoo louis, pourvu que vous soyez d’une prudence et d’une honnêteté reconnues.
Celui qui fait par jour une dépense inutile de 8 sous, dépense inutilement plus de 6 louis par an, ce qui est le prix que coûte l’usage d’un capital de î oo louis.
Celui qui perd, chaque jour, dans l’oisiveté , pour 8 sous de son temps , perd l’avantage de se servir d’une somme de îoo louis tous les jours de l’année.
Celui qui prodigue , sans fruit , pour 5 francs
(i) Un louis est une ancienne pièce d’or de ai livres, valant aujourd’hui a8 fr 65 c. et qui est remplacée par la pièce de 20 francs.
de son temps, perd 5 francs tout aussi sagement que s’il les jetait à la mer.
Celui qui perd 5 francs, perd non -seulement ces 5 francs, mais encore tous les profits qu’il en aurait pu retirer en les faisant travailler ; ce qui, dans l’espace de temps qui s’écoule entre la jeunesse et l’âge avancé, peut monter à une somme considérable.
Autre avis : celui qui vend à crédit, demande de l’objet qu’il vend, un prix équivalent au principal et à l’intérêt de son argent, pour le temps pendant lequel il doit en rester privé ; celui qui achète à crédit paie donc un intérêt pour ce qu’il achète; et celui qui paie en argent comptant pourrait placer cet argent à intérêt: ainsi , celui qui possède une chose qu’il a achetée paie un intérêt pour l’usage qu’il en fait.
Toutefois, dans ses achats, il est mieux de payer comptant, parce que celui qui vend à crédit, s’attendant à perdre cinq pour cent en mauvaises créances, augmente d’autant le prix de ce qu’il vend à crédit pour se couvrir de cette différence.
Celui qui achète à crédit paie sa part de cette augmentation ; celui qui paie argent comptant y échappe, ou peut y échapper.