c Ammien Marcellin, L. XVI, XVII, XVIII. » (M
C'est plutôt Zosime que suit Montesquieu ; Ammien ne donne pas de chiffres.
MONTESQUIEU
cagées ; qu’il n’y avait plus que l’ombre d’une armée romaine, que le seul nom des ennemis faisait fuir.
Ce prince, par sa sagesse, sa constance, son économie, sa conduite, sa valeur, et une suite continuelle d’actions héroïques, recliassa^ les barbares, et la terreur de son nom les contint tant qu’il vécut
La brièveté des règnes, des divers partis politiques, les différentes religions, les sectes particulières de ces religions, ont fait que le caractère des empereurs est venu à nous extrêmement défiguré. Je n’en donnerai que deux exemples. Gel Alexandre, si lâche dans Hérodien, paraît plein de courage dans Lampridius; ce Gratien, tant loué par les orthodoxes, Philostorgue le compare à Néron Valentinien sentit plus que personne la nécessité de l’ancien plan^ ; il employa toute sa vie à fortifier les bords du Rhin, à y faire des levées, y bâtir des châteaux, y placer des troupes, leur donner le moyen d’y subsister. Mais il arriva dans le monde un événement qui détermina Valens, son frère, à ouvrir le Danube, et eut d’effroyables suites ^ Dans le pays qui est entre les Palus-Méotides®, les montagnes du Caucase et la mer Caspienne, il y avait plusieurs peuples qui étaient la plupart de la nation des Huns ou de celle des Alains ; leurs terres étaient extrêmement fertiles ;
1. Rechasser — soit chasser une ..seconde fois, soit chasser en arrière^ repousser. C’est le dernier sens qu’il faut prendre ici.
2. (( Voyez le magnifique éloge qu’x^mmien Marcellin fait de ce prince, L.
XXV. Voyez aussi les fragments de l’Histoire de Jean d’Antioche. » (M.)
Ammien est un ami de Julien (XXV, ni). Jean d’Antioche est un chroniqueur du début du 6e siècle.
La mémoire de Julien, auquel les chrétiens ont donné le*surnom d’Apostat, a été maltraitée par les légendes ridicules et absurdes qu’ont propagées les Sozomène, les Théodore!, et autres écrivains passionnés. « Non, s’écriera plus tard Montèsquieu, il n’y a point eu après lui de prince plus digne de gouverner les hommes. » {Esprit des Lois, XXIV, X.) L’histoire contemporaine donne raison à Montesquieu.