‹ Morceaux choisisChapitre 174 sur 369 · La mer d’Azov · texte numérisé non relu

La mer d’Azov

CONSIDÉRATIONS

ils aimaient la guerre et le brigandage ; ils étaient presque toujours à cheval, ou sur leurs chariots, et erraient dans le pays où ils étaient enfermés ; ils faisaient bien quelques ravages sur les frontières de Perse et d’Arménie ; mais on gardait aisément les portes Gaspiennes, et ils pouvaient difficilement pénétrer dans la Perse par ailleurs. Gomme ils n’imaginaient point qu’il fût possible de traverser les Palus-Méolides^ ils ne connaissaient pas les Romains; et, pendant que d’autres barbares ravageaient l’empire, ils restaient dans les limites que leur ignorance leur avait données.

Quelques-uns 2 ont dit que le limon que le Tanaïs avait apporté avait formé une espèce de croûte sur le Bosphore cimmérien, sur laquelle ils avaient passé ; d’autres que deux jeunes Scythes, poursuivant une biche qui traversa ce bras de mer, le traversèrent aussi. Ils furent étonnés de voir un nouveau monde ; et, retournant dans l’ancien, ils apprirent à leurs compatriotes les nouvelles terres^, et, si j’ose me servir de ce terme, les Indes qu’ils avaient découvertes.

D’abord des corps innombrables de Huns passèrent ; et, rencontrant les Goths les premiers, ils les chassèrent devant eux. Il semblait que ces nations se précipitassent les unes

peser sur l’Europe, eût

jette au fond des Palus-Méotides. Le Bosphore cimmérien = le détroit d’ienikalé.

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