Les Suisses eurent raison de Charles le Téméraire
3. Violents, emportés, l’un et l’autre furent des aventuriers plutôt que des chefs d’Etat.
4. Après la France, l’Allemane, la Lorraine, l’Alsace, la uisse, encore la Lorraine ; Charles le Téméraire va d’un ennemi à l’autre ; on sait d’autre part que Charles XII courait aussi
de projet en projet : au moment de sa mort, il songeait à attirer la Russie à lui, à séparer la Norvège du Danemark et à la joindre à la Suède, à détrôner George d’Angleterre et à se faire l’allié d’Alberoni pour les affaires de France et d’Espagne.
5. Est-ce bien sûr? Et peut-on oublier la barbarie de ce prince qui s’écriait avec une joie féroce quand il faisait massacrer les habitants de Ne.sle : « Je ne savais pas que j’eusse avec moi de si bous bouchers » ?
MONTESQUIEU
dans les mêmes circonstances ^ ; mais la politique voulait que le premier se fît roi, et non pas le second.
On avait attaqué la royauté en faisant mourir Charles ; on n’avait attaqué que le Roi en assassinant Henry Le but de la faction d’Angleterre était d’abolir le titre ; celui de la faction de France, de le porter dans une famille catholique. Cromwell, se faisant roi, détruisait l’esprit de sa faction, le duc de Mayenne, prenant la couronne, fortifiait celui de la sienne.
Le duc de Mayenne fit des fautes irréparables. 11 mit la couronne en dépôt sur la tête du vieux cardinal de Bourbon; c’est-à-dire qu’il rappela la fidélité de la nation à la maison de ses rois. Bientôt, il fit pendre les Seize à cause de leurs excès, et par là, il acheva de détruire l’esprit qui agitait son parti. Cromwell tua bien de sa propre main quelquesuns des siens qui n’obéissaient pas ; mais il n’eut garde de les punir de leur fureur contre le parti opposé. Il se servit quelquefois de moyens violents pour faire passer ses gens d’une extravagance à une autre ; mais le duc de Mayenne les employa pour donner à son parti de la modération, c’est-à-dire pour le faire périr.