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Tous doivent commander à chacun, et chacun à tous

(Aristote, op. cit., VII, i, 8.) Rousseau dit également que dans le gouvernement démocratique «les citoyens sont souverains d’un côté et sujets de l’autre. » {Contrat social, III.)

DE l’esprit des LOIS

Il ne peut être monarqup que par ses suffrages, qui sont ses volontés. La volonté du souverain est le souverain luimême L Les lois qui établissent le droit de suffrage sont donc fondamentales dans ce gouvernement En effet, il est aussi important d’y régler comment, par qui, à qui, sur quoi les suffrages doiyent être donnés, qu’il l’est dans une monarchie de savoir quel est le monarque, et de quelle manière il doit gouverner.

Libanius ^ dit « qu’à Athènes un étranger qui se mêlait dans l’assemblée du peuple était puni de mort. » C’est qu’un tel homme usurpait le droit de souveraineté.

Il est essentiel de fixer le nombre des citoyens qui doivent former les assemblées ; sans cela on pourrait ignorer si le peuple a parlé, ou seulement une partie du peuple. A Lacédémone, il fallait dix mille citoyens^. A Rome, née dans la iietitesse pour aller à la grandeur ; à Rome, faite pour éprouver toutes les vicissitudes de la fortune ; à Rome, qui avait tantôt presque tous ses citoyens hors de ses murailles, tantôt toute l’Italie et une partie de la terre dans ses murailles, on n’avait point fixé' ce nombre, et ce fut une des grandes causes de sa ruine

Le peuple qui a la souveraine puissance doit faire par luimême tout ce qu’il peut bien faire 6^ et ce qu’il ne peut pas bien faire, il faut qu’il le fasse par ses ministres.

Ses ministres ne sont point à lui s’il ne les nomme : c’est donc une maxime fondamentale de ce gouvernement, que le peuple nomme ses ministres, c’est-à-dire ses magistrats^.

Il a besoin, comme les monarques, et même plus qu’eux.

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