Cf. Considérations, p. 199 et n
MONTE SQUtEÜ
suivit-il très mal. Il n’était point Alexandre ; mais il aurait été le meilleur soldat d’Alexandre Le projet d’Alexandre ne réussit que parce qu’il était sensé Les mauvais succès des Perses dans les invasions qu’ils firent de la Grèce, les conquêtes d’Agésilas ^ et la retraite des Dix Mille'^, avaient fait connaître au juste la supériorité des Grecs dans leur manière de combattre, et dans le genre de leurs armes ; et l’on savait bien que les Perses étaient trop grands pour se corriger.
Ils ne pouvaient plus affaiblir la Grèce par des divisions : elle était alors réunie sous un chef qui ne pouvait avoir de meilleur moyen pour lui cacher sa servitude que de l’éblouir par la destruction de ses ennemis éternels, et par Pespérance de la conquête de l’Asie^.
Un empire cultivé par la nation du monde la plus industrieuse, et qui travaillait les terres par principe de religion, fertile et abondant en toutes choses, donnait à un ennemi toutes sortes de facilités pour y subsister 6.
On pouvait juger par l’orgueil de ses rois, toujours vainement mortifiés par leurs défaites, qu’ils précipiteraient leur chute en donnant toujours des batailles, et que la flatterie ne permettrait jamais qu’ils pussent douter de leur grandeur 7.