On sait qu’il raccourcit le fer
Tout cela ne si gnifie pas grand’chose. Qu’est-ce que les « fibres extérieures » ? Sans doute, les « cellules extérieures », le mot :
« cellules » n’ayant été employé ne plus tard, et la classification es tissus n’ayant été faite qu’avec Bichat (Tlioirette-en-Brésse, 1711 — 180:2, Paris). S’il s'agit des tissus propres de la peau (fibres conjonctives du derme), ce que dit Montesquieu est impossible. Le froid agit par voie réllexe nerveuse sur les fibres lisses des petites artères qui amènent le sang à la peau, et provoque une vaso-constriction (diminution de calibre, d’où diminution de l’afilux du sang). Plus indirectement, le froid stimule l’activité en nous amenant à faire des mouvements plus nombreux : la contraction musculaire est une des principales sources de chaleur de notre organisme. Ce sont les deux procédés de lutte de l’organisme contre le froid. Mais alors l’ex-
plication mécanique de Montesquieu est tout à fait fausse, et il y a là des vues très grossières sur la physiologie des organes, vues qui étaient d'ailleurs celles du 18e siècle.
2. La loi est loin d’être générale : mettez un des boxeurs nègres, champions du monde, en face des boxeurs finlandais ou lapons, ou samoyèdes !
3. Tout cela, ce sont de pures hypothèses ; toujours mêmes vues erronées. Liqueurs = /mmeiirs, substances liquides qui se trouvent dans l’organisme.
L’ancienne médecine en reconnaissait quatre fondamentales :
le sang, le phlegme, la bile, la bile noire ou atrabile ; quand elles étaient en parfait équilibre, le corps se trouvait en bonne santé : telle était la, théorie.
4. Beaucoup trop absolu : l’action directe du climat semble bien moins importante pour donner la confiancOj le courage, etc., que la civilisation, l’éducation, l’exemple, etc.
MONTESQUIEU
rieni. Les peuples des pays chauds sont timides comme les veillards le sont, ceux des pays froids sont courageux comme le sont les jeunes gens^. Si nous faisons attention aux dernières guerres qui sont celles que nous avons le plus sous nos yeux, et dans lesquelles nous pouvons mieux voir de certains effets légers, imperceptibles de loin, nous sentirons bien que les peuples du Nord, transportés dans les pays du Midi^, n’y ont pas fait d’aussi belles actions que leurs compatriotes, qui, combattant dans leur propre climat, y jouissaient de tout leur courage.
La force des fibres des peuples du Nord fait que les sucs les plus grossiers sont tirés des aliments^. Il en résulte deux choses : l’une, que les parties du chyle ou de la lymphe sont plus propres, par leur grande surface, à être appliquées sur les fibres et à les nourrir l’autre, qu’elles sont moins propres, par leur grossièreté, à donner une certaine subtilité au suc nerveux Ces peuples auront donc de grands corps et peu de vivacité.
Les nerfs, qui aboutissent de tous côtés au tissu de notre peau, font chacun un faisceau de nerfs. Ordinairement ce n’est pas tout le nerf qui est remué ; c’en est une partie infiniment petite. Dans les pays chauds, où le tissu de la peau est relâché, les bouts des nerfs sont épanouis, et exposés à la plus petite action des objets les plus faibles. Dans les pays froids, le tissu de la peau est resserré et les mamelons comprimés ; les petites houppes sont en quelque façon paralytiques ; la sensation ne passe guère au cerveau que lorsqu’elle est extrêmement forte, et qu’elle est de tout le nerf ensemble. Mais c’est d’un nombre infini de petites sen-
1. La comparaison entre les caractères des peuples elles états d esprit d’un nomme qu’on place dans des conditions très différentes des conditions normales ne signifie rien en soi. L’inexactitude est d’ailleurs visible : les peuples des pays très chauds sont souvent très belliqueux, ce qui implique beaucoup de courage ; le grand froid enfin abat le courage autant que la grande chaleur.
2. ((Il faut bien se garder, dit Voltaire, de laisser échapper de ces propositions générales. Jamais on n’a pu faire aller à la guerre un Lapon, un Samoïède, et les Arabes conquirent en 80 ans plus de pays que n’eu possédait l’empire ro-
main. Les Espagnols en petit nombre battirent, à la bataille de Muhlberg, les 'Soldats du nord de l’Allemagne. »