Voir p. 242, n. 2 (fin
3. « Je ne parle point, dans tout ce chapitre, de la religion chrétienne, parce que, comme j’ai dit ailleurs, la religion chrétienne est le premier bien. Voyez la fin du chapitre i du livre précédent,
et la Défense de V Esprit des Lois^ seconde partie. » (M.).
4. « Mais cette tolérance, objecte Barni, n’est pas la reconnaissance du droit des citoyens. Montesquieu se trompe donc ici en substituant la tolérance au droit ; mais cette réserve faite, il a parfaitement raison de vouloir que les lois de l’Etat obligent les diverses religions ... à respecter leurs droits réciproques. )) (Op. et loc. cit., p. 194.)
DE l’esprit des LOIS
gouvernement est despotique, il court plus de risque de voir une révolution que par quelque tyrannie que ce soit, qui n’est jamais dans ces sortes d’Etats une chose nouvelle. La révolution vient de ce qu’un Etat ne change pas de religion, de mœurs et de manières dans un instant, et aussi vite que le prince publie l’ordonnance qui établit une religion nouvelle.
De plus, la religion ancienne est liée avec la constitution de l’Etat, et la nouvelle n’y tient point : celle-là s’accorde avec le climat, et souvent la nouvelle s’y refuse. Il y a plus ; les citoyens se dégoûtent de leurs lois ; ils prennent du mépris pour le gouvernement déjà établi; on substitue des soupçons contre les deux religions à une ferme croyance pour une ; en un mot, on donne à l’Etat, au moins pour quelque temps, et de mauvais citoyens, et de mauvais fidèles.