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Chapitre XIII

Très humble remontrance aux inquisiteurs d’Espagne et de Portugal.

Une Juive de dix-huit ans, brûlée à Lisbonne au dernier autodafé donna occasion à ce petit ouvrage ; et je crois que c’est le plus inutile qui ait jamais été écrit. Quand il s’agit de prouver des choses si claires, on est sûr de ne pas convaincre.

. L’auteur déclare que, quoiqu’il soit Juif, il respecte la religion chrétienne, et qu’il l’aime assez pour ôter aux princes qui ne seront pas chrétiens un prétexte plausible pour la persécuter.

« Vous vous plaignez, dit-il aux inquisiteurs, de ce que l’empereur du Japon fait brûler à petit feu tous les chrétiens qui sont dans ses États^ ; mais il vous répondra : Nous vons traitons, vous qui ne croyez pas comme nous, comme vous traitez vous-mêmes ceux qui ne croient pas comme vous ; vous ne pouvez vous plaindre que de votre faiblesse, qui vous empêche de nous exterminer, et qui fait que nous vous exterminons.

les lois pénales en matière de religion sont inefficaces, au lieu de montrer qu’elles sont contraires à la liberté, au droit, à la conscience, à la raison.

Remarquez que Montesquieu a prévenu son lecteur qu’il parlait en politique, que d’autre part la discussion « philosophiue », si incomplète soit-elle, a éjà eu lieu (ci. plus haut, et L. XII), et enfin que l’homme maintenant va parler après le théoricien des lois, et qu’il va écrire l’admirable chap. xiii qui suit.

1. V Autodafé (acte de foi) est la lecture solennelle des jugements de l’inquisition, et l’exécution des peines (bûcher pour les impénitents, bûcher après strangulation pour les repentants).

Il y avait les autodafé généraux qui faisaient partie des fêtes et réjouissances publiques (mariage royal, naissance des

princes, etc.) ~ particuliers, plus nombreux et moins bruyants, mais publics — les petits autoda-fé ou autülo^ prononcés dans les salles mêmes de l’inquisition.

Au 18« siècle, ils sont moins fréquents qu’autrefois, mais ils sont loin d’avoir disparu. Llorente, secrétaire général de l’Inquisition en 1789, écrivain espagnol, a laissé, entre autres ouvrages, une Histoire critique de V Inquisition d’Espagne jusqu’à Ferdinand Vif 4 vol. 1817 ; il parle de 79 brûlés en personne et 73 en effigie, exécutés dans 54 autodafés au 18« siècle, mais il y en eut beaucoup plus. L^autodafé de Lisbonne, dont parle Montesquieu, eut lieu en 1745 et fit grand bruit en Europe ; on

exécuta le Plaute portugaiSy le

uif Antonio Jozé qui a laissé un Théâtre comique portugais, vulgairement appelé Théâtre du Juif.

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