‹ Morceaux choisisChapitre 307 sur 369 · Postérité d’Abraham · texte numérisé non relu

Postérité d’Abraham

4. « La tradition prête à Jésus deux règles de prosélytisme tout à fait opposées et qu’il a.pu pratiquer tour à tour ;

« Celui qui n’est pas contre vous est pour vous — Celui qui n’est pas avec moi est contre moi.» Une lutte passionnée entraîne presque nécessairement ces sortes de contradictions, »

(Renan, Vie de Jésus, chap. xiv.)

Mais Renan montre bien, en s’appuyant sur les textes, qrue l’indulgence de Jésus pour les païens fut très grande, et que la mansuétude était le caractère essentiel de sa doctrine.

MONTESQUIEU

« Mais, si vous ne voulez pas être chrétiens, soyez au moins des hommes : Irailez-nous comme vous feriez si, n’ayant que ces faibles lueurs de justice que la nature nous donne, vous n’aviez point une religion pour vous conduire, et une révélation pour vous éclairer.

« Si le ciel vous a assez aimés pour vous faire voir la vérité, il vous a fait une grande grâce ; mais est-ce aux enfants qui ont eu l’héritage de leur père de haïr ceux qui ne l’ont pas eu ?

« Que si vous avez cette vérité, ne nous la cachez pas par la manière dont vous nous la proposez. Le caractère de la vérité, c’est son triomphe sur les cœurs et les esprits, et non pas cette impuissance que vous avouez lorsque vous voulez la faire recevoir par des supplices.

« Si vous êtes raisonnables, vous ne devez pas nous faire mourir parce que nous ne voulons pas vous tromper. Si votre Christ est le üls de Dieu, nous espérons qu’il nous récompensera de n’avoir pas voulu profaner ses mystères; et nous croyons que le Dieu que nous servons vous et nous, ne nous punira pas de ce que nous avons souffert la mort pour une religion qu’il nous a autrefois donnée, parce que nous croyons qu’il nous l’a encore donnée.

« Vous vivez dans un siècle où la lumière naturelle est plus vive qu’elle n’a jamais été, où la philosophie a éclairé les esiirits, où la morale de votre Evangile a été plus connue, où les droits respectifs des hommes les uns sur les autres, l’empire qu’une conscience a sur une autre conscience, sont mieux établis L Si donc vous ne revenez pas de vos anciens préjugés, qui, si vous n’y prenez garde, sont vos passions, il faut avouer que vous êtes incorrigibles, incapables de toute lumière et de toute instruction ; et une nation est bien malheureuse, qui donne de l’autorité à des hommes tels que vous.

« Voulez-vous que nous vous disions naïvement notre pensée? Vous nous regardez plutôt comme vos ennemis que comme les ennemis de votre religion : cai% si vous aimiez votre religion, vous ne la laisseriez pas corrompre par une ignorance grossière.

1. « Montesquieu peut donc être justement regardé, sinon comme le meilleur défenseur de la liberté religieuse, du moins comme l’un des plus éloquents apôtres de la tolérance, et cela à une époque où l'intolérance était encore dans les lois et dans les mœurs. )) (Bar- Ki, op. et loc. cit., p. 198.)

ce Sous Louis XYI, écrit Brunetière, le Tolérantisme, en tant qu'il consistait « à admettre indifféremment toute sorte de religions », était encore qualifié de crime de lèse-majesté divine, et passible au besoin, comme tel, de la peine du feu. » {Etudes crüiqueSy 5® série, cc La Critique de Bayle », p. 149.)

DE l’esprit des LOIS

« Il faut que nous vous avertissions d’une chose : c’est que, si quelqu’un dans la postérité ose jamais dire que dans le siècle où. nous vivons les peuples d’Europe étaient policés, on vous citera pour prouver qu’ils étaient barbares, et l’idée que l’on aura de vous sera telle qu’elle flétrira votre siècle, et portera la haine sur tous vos contemporains h »

LIVRES XXVI et XXIX

[Dégageons, pour les raisons indiquées plus haut :*

D’une part, les Livres XXVII et XXVIII (De Vorigine et des révolu^ itons des lois dès Romains sur les successions ; De Vorigine et des révolutions des lois civiles chex les Françaisj ;

De l’autre, les Livres XXX et XXXI {Théorie des lois féodales che^ les Francs, dans le rapport qu’elles ont avec V établissement de la monarchie ; Théorie des lois féodales chei les Francs, dans le rapport qu’elles ont avec les révolutions de leur monarchie) ;

la conclusion naturelle de VEsprit des Lois nous est donnée dans ces deux livres :

1° XXVI : Des Lois dans le rapport qu’elles doivent avoir dans l’ordre des choses sur lesquelles elles statuent ;

2® XXIX : De la manière de composer les Lois,

Voici le dernier chapitre du Livre XXIX :]

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