‹ Morceaux choisisChapitre 355 sur 369 · Cf. p. 360, et n · texte numérisé non relu

Cf. p. 360, et n

MONTESQUIEU

tant, écrivain hahile et qui a infiniment d’esprits L'ecclésiastique me rattribue pour en prendre le sujet de me dire des injures atroces. Je n’ai pas jugé à propos de rien dire : 1° par mépris ; 2“ parce que ceux qui sont au fait de ces choses savent que je ne suis point auteur de cet ouvrage: de sorte que toute cette manœuvre tourne contre le calomniateur Je ne connais point l’air actuel du bureau de Paris ^ ; et si ces feuilles ont pu faire impression sur quelqu’un, c’est-à-dire si quelqu’un a cru que je fusse l’auteur de cet ouvrage, que sûrement un catholiquè ne peut avoir fait, serait-il à propos que je donnasse une petite réponse en une page, cum aliquo grano salis^ ?

Si cela n’est pas absolument nécessaire, j’y renonce, haïssant à la mort de faire encore parler de moi. Il faudrait que je susse aussi si cela a quelque relation avec la Sorbonne. Je suis ici dans l’ignorance de tout, et cette ignorance me l^laît assez. Tout ceci entre nous, et sans qu’il paraisse que je vous aie écrit. Mon principe a été de ne point me remettre sur les rangs avec des gens méprisables. Gomme je me suis bien trouvé d’avoir fait ce que vous voulûtes quand vous me poussâtes, l’cpée dans les reins, à composer ma défense, je n’entreprendrai rien qu’en conséquence de votre l'éponse.

Huart^ veut faire une nouvelle édition des Lettres Persanes ; mais il y a quelques jiivenilia que je voudrais auparavant retoucher, quoiqu’il faut qu’un Turc voie^, pense et parle en Turc, et non en chrétien ^ : c’est à quoi bien des gens ne font point attention en lisant les Lettres Persanes.

Je vois que le pauvre Clément V retombera dans l’oubli, et que vous allez quitter les affaires de Philippe-le-Bel pour celles de ce siècle-ci. L’histoire de mon pays y perdra aussi bien que la république des lettres ; mais le monde politique y gagnera

1. La Beaumelle (Laurent Angliviel de), (Valleraugne, Gard i726 — Paris 1773;, est professeur de littérature à Copenhague (1751) ; puis dès son arrivée à Berlin il attaque Voltaire dont il est resté un ennemi ; le patriarche ne l’a pas épargné, mais La Beaiimelle se défendait avec énergie.

{Lettres à M. de Voltaire en réponse au Supplément au siècle de Louis XIV, 1761 ; Commentaire sur la Henriade, etc.)

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