‹ Morceaux choisisChapitre 96 sur 369 · VI. — Grand-Duché de Toscane · texte numérisé non relu

VI. — Grand-Duché de Toscane

PiSE.

J’étais à Pise^ le jour de Sainte-Catherine, fête des écoliers. Ils courent la ville, font des feux de joie, font tirer des pétards et portent leur chef sur leurs épaules; et lorsqu’ils peuvent attraper un juif, ils le pèsent, et il est obligé de leur donner autant de livres de confitures qu’il pèse de livres. Des soldats étaient répandus dans la Ville pour les empêcher de forcer les maisons.

1. Gênes et Pi se avaient été depuis le Moyen Age les deux républiques marchandes de l’Ita- Ue. Cf. p. 94, n. 3.

2. « J’arrivai à Pise, écrit Montesquieu, le 24 novembre 1728.»

La Sainte -Catherine a lieu le

MONTESQUIEU

Florence.

On vit à Florence 1 avec beaucoup d’économie. Les hommes vont à pied. Le soir, on est éclairé par une petite lanterne. Les femmes vont dans de grands carrosses. Dans les maisons, lorsqu’on ne joue point, on est éclairé par une lampe : quand il y a peu de monde, un lampion; quand le monde entre, on allume les trois lampions : car la lampe a trois branches et pose sur une espèce de chandelier. Du reste, la noblesse de Florence est affable, et le sang y est assez beau. Elles (sic) ne savent ce que c’est que de se farder.

Aucune cheminée, et, dans le cœur de l’hiver, on ne s’y chauffe point. On dit que le feu est malsain ; mais ce pourrait bien être aussi une raison d’économie. Gomme on accoutume les enfants à rester dans une chambre sans feu, on ne le souhaite point.

Je pensais, avec ma petite lanterne et mon ombrelle, sortant de la maison^, que les anciens Médicis sortaient comme cela de chez leurs voisins.

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