‹ Morceaux choisisChapitre 125 sur 221 · LES ROSES DU VIEUX MUR · texte numérisé non relu

LES ROSES DU VIEUX MUR

Le vieux mur, qu'ombrage un pommier, D'un côté, croule en la prairie Et de F autre vers le fumier I

Il reçoit la branche pourrie.

Et le coq de la métairie Sur lui se pose, ou le ramier.

Mais, à son pied, vers sa grisaille, Monte toute cette broussaille Sous laquelle pointe un chardon.

Dans une pose d'abandon,

Est, près de lui, quelque fleur dont,

Soudain, la corolle tressaille.

Quel charme pour elle a ce mur ?

Elle Jouit, la marguerite,

De voir que tout cela s'effrite :

« Mes sœurs, il est affreux, c'est sûr, Cet inutile et cet obscur, Que le triste lézard habite !

Mais s'il ne sert, lui, de support Qu'au grimpant, parasite lierre, Utile sera sa poussière I »

Des roses voit-elle le port Dont là-haut se fixa le sort ?

Couronne d'une grâce altière !

Et le vieux mur songe, attendri,

A la beauté qui lui sourit

Et qui simplement le couronne.

Sur un délabrement fleurit Parfois — faut-il qu'on s'en étonne 1 Une gloire dont il rayonne.

Que l'on vienne t' humilier, Qu'importe I on ne sait pas encore O Cœur ! tout ce qui te décore I

Dans l'herbe une poule picore...

J'aime ce mur... Sur son rosier Un oiseau chante à plein gosier.

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