FOULES ACHEMINÉES
Vos pâles destinées, Vous les oubliez un moment, Foules acheminées Silencieusement.
Ah I oui, plus d'un cœur s'ouvre — Vous le savez — près du tombeau ; Et soudain s'y découvre Et meilleur et plus beau.
Vous allez où vous porte Le souvenir de ceux qui vous Ont fait une âme forte Et des sentiments doux.
Oui, c'est au cimetière Que le ciel automnal attend L'essor de la Prière, Et c'est là qu'il l'entend.
Ames inconsolées
- Oh I n'est-ce pas ? — vous sentez bien Qu'auprès des mausolées Est encor un soutien.
O foules inclinées Sur les tombes des chers absents, Foules acheminées Dans T automnal encens I
De ce pieux hommage Aux morts vous sentez le devoir, Quand le mourant feuillage Tombe sous le ciel noir
Ah ! celle qui moissonne Et sans trêve, la guerre est là...
Qui, n'oubliant personne, Frappe..., funèbre éclat I
Pourpre d'automne ! intense Est des morts la Pensée, au temps Où cette lutte immense Fauche tant de printemps.
Elle n'est pas ingrate, - Croyez ! — la tombe qu'on fleurit. O nom I funèbre date ?
L'Eternité sourit ;