‹ Morceaux choisisChapitre 149 sur 221 · UN OBUS SUR UNE ÉGLISE A PARIS · texte numérisé non relu

UN OBUS SUR UNE ÉGLISE A PARIS

(Sonnet)

Ce mil neuf cent dix-huit, jour du Vendredi Saint, Alors qu'à son clocher volaient les hirondelles, Cette église voyait, âmes à Dieu fidèles, Sous ses voûtes venir tout un pieux essaim.

Pour affirmer son droit, n'a-t-il pas le dessein, Ce Kaiser, de tuer les choses immortelles ? Sur l'église, où la foi jetait tant d'étincelles, En plein Paris tomba son obus assassin.

Voici les assistants écrasés par les pierres, Alors qu'agenouillés ils étaient en prières. Ils regardent sereins leur sang couler à flots ;

Car leur mort va hâter cette aube vengeresse, Où le ciel doit enfin à la race traîtresse Faire expier les deuils du monde et les sangloti.

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