IL CRÉE
(Sonnet)
Dès le commencement de son règne enflammé, L'Eté de ses rayons est tellement prodigue Que la terre sous leurs baisers dit sa fatigue Par maint site fané qui fut tant embaumé !
Pourtant par la Vie est son labeur réclamé. Et bien que lasse, c'est un honneur qu'elle brigue De porter la moisson, le raisin et la figue ; Son rôle de nourrice est partout proclamé.
O rayons de l'amour à la flamme sacrée !
De lui la Vie exigeant un ingrat devoir,
Le cœur se sent lassé, mais, joie ! il sait qu'il crée
Il crée I et sa misère est fière de pouvoir Faire briller l' Idée, au travers de ses larmes, Qui mûrira l'Espoir du Monde en ses alarmes 1