‹ Morceaux choisisChapitre 5 sur 221 · LES ÉTOILES · texte numérisé non relu

LES ÉTOILES

Vous qui levez en vain des bras désespérés Et des yeux suppliants, vous, tous les éplorés, Suivez-moi, moi qui sors aussi de ma ruine, Suivez ce malheureux dont le front s'illumine ; Sous les astres venez, venez tous sous le ciel I Grandiose, c'est là le Temple Universel ; Chaque astre est un flambeau, chaque étoile vous aime D'un amour infini, d'une pitié suprême... Voici l'astre Justice et l'étoile Bonté ; L'Amour, le Vrai sont là de toute éternité 1 Priez I et de vos fronts s'apaiseront les fièvres, Tandis que tariront les plaintes sur vos lèvres. Priez I Ouvrez vos cœurs et dilatez vos yeux, Et cherchez avec moi l'Espoir au fond des Cleux I

LE COLLIER D'AMBRE (Impressions d'une jeune fille)

La clarté pâle avait la douceur du printemps... Ce matin-là, je vis le collier dans ma chambre, Et je ne songeai plus qu'à ce beau collier d'ambre, Dont je voulus, sitôt, parer mes dix-sept ans.

Caprice d'un instant ou passion qui dure ? Je l'aimai sur ma chair, sous le ciel matinal, Et, devant le miroir, d'un geste machinal, Je pendis à mon cou la nouvelle parure...

Heureuse tout d'abord, j'ai souri, j'ai chanté, Ne voyant qu'un bijou, ne voyant autre chose Que ses pâles reflets jouant sur ma peau rose Où l'ambre clair est comme un décor enchanté !

Mais, soudain, j'ai songé, sentant l'étreinte molle Du joyau sur mon cou, qu'ainsi le prisonnier Etait paré jadis d'un superbe collier, Et que mon geste avait la valeur d'un symbole.

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