‹ Morceaux choisisChapitre 62 sur 221 · AU SOURIRE DES ROSES... HÉLAS · texte numérisé non relu

AU SOURIRE DES ROSES... HÉLAS

Voir le soleil nouveau colorer tant de fleurs, Est-ce oublier un peu qu'il fut plus d'un pétale,

Que sous F averse de nos pleurs,

Dut emporter la Mort fatale ?

Un air plus transparent à la beauté des choses, Saura-t-il chastement, Vision, te baigner Sous le parfum subtil des roses Où tout mon cœur voudra saigner ?

Ne foulons pas trop tôt sous nos pas le royaume Que t'ouvre un rêve pur au souffle du printemps ; Avant d'en respirer l'arôme, Attends, mon triste Amour, attends I

Pourquoi la retarder, Nature, cette ivresse Qui fait, dans l'aube tiède ou vers la fin du jour,

Sentir Féternelle caresse,

Oui, de chaque instant le plus court ?

118 l'aube sanglante

Là-haut, le bel oiseau, songeant à sa nichée, Fait en secret le nid qui la doit abriter...

Garde ta tendresse cachée

Pour T Idéal à mériter I

Tu ne me souris pas, ô sourire des roses, Puisque, pour me charmer, tu devrais consoler,

Mieux que mes vers, les fronts moroses

Et dire au Mal de s'envoler I

Je crains que quelque espoir, hélas ! s'évanouisse, Sitôt qu'il sera né sous le pas chancelant

De ce Cœur épris de justice;

Qui toujours s'élève en tremblant.

S'il cherche à surmonter cette faiblesse humaine, Il ne méprise pas ta route, Humanité,

Où son Amour divin le mène,

En contemplant l'Eternité !

Saint- Brice-sous-Forêt.

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