AU SOURIRE DES ROSES... HÉLAS
Voir le soleil nouveau colorer tant de fleurs, Est-ce oublier un peu qu'il fut plus d'un pétale,
Que sous F averse de nos pleurs,
Dut emporter la Mort fatale ?
Un air plus transparent à la beauté des choses, Saura-t-il chastement, Vision, te baigner Sous le parfum subtil des roses Où tout mon cœur voudra saigner ?
Ne foulons pas trop tôt sous nos pas le royaume Que t'ouvre un rêve pur au souffle du printemps ; Avant d'en respirer l'arôme, Attends, mon triste Amour, attends I
Pourquoi la retarder, Nature, cette ivresse Qui fait, dans l'aube tiède ou vers la fin du jour,
Sentir Féternelle caresse,
Oui, de chaque instant le plus court ?
118 l'aube sanglante
Là-haut, le bel oiseau, songeant à sa nichée, Fait en secret le nid qui la doit abriter...
Garde ta tendresse cachée
Pour T Idéal à mériter I
Tu ne me souris pas, ô sourire des roses, Puisque, pour me charmer, tu devrais consoler,
Mieux que mes vers, les fronts moroses
Et dire au Mal de s'envoler I
Je crains que quelque espoir, hélas ! s'évanouisse, Sitôt qu'il sera né sous le pas chancelant
De ce Cœur épris de justice;
Qui toujours s'élève en tremblant.
S'il cherche à surmonter cette faiblesse humaine, Il ne méprise pas ta route, Humanité,
Où son Amour divin le mène,
En contemplant l'Eternité !
Saint- Brice-sous-Forêt.