‹ Morceaux choisis d'Alphonse DaudetChapitre 13 sur 108 · CAISSE D'ARMES · texte numérisé non relu

CAISSE D'ARMES

Le doublage et la gravure prirent beaucoup de temps. Il commanda aussi chez Tastavin un magnifique album de voyage pour écrire son journal, ses impressions ; car enfin on a beau chasser le lion, on pense tout de même en route.

Puis il fit venir de Marseille toute une cargaison de conserves alimentaires,^ du pemmican^ en tablettes pour faire du bouillon, une tente-abri * d'un nouveau modèle, se montant et se démontant à la minute, des bottes de marin, deux parapluies, un water-proof, des lunettes bleues pour

prévenir les ophtalmies. Enfin le pharmacien Bézuquet lui confectionna une petite pharmacie portative bourrée de sparadrap, d'arnica,^ de camphre, de vinaigre des quatrevoleurs.^

Pauvre Tartarin ! ce qu'il en faisait, ce n'était pas pour lui ; mais il espérait, à force de précautions et d'attentions délicates, apaiser la fureur de Tartarin-Sancho, qui, depuis que le départ était décidé, ne décolérait ^ ni de jour ni de nuit.

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