‹ Morceaux choisis de prose et de vers des classiques françaisChapitre 106 sur 156 · De se railler, mettrait-on aujourd'hui dans ce tour · texte numérisé non relu

De se railler, mettrait-on aujourd'hui dans ce tour

Tous les jours, à la cour, un sot de qualité Peut juger de travers avec impunité...

Et je serai le seul qui ne pourrai rien dire! On sera ridicule, et je n'oserai rire1 ! Et qu'ont produit mes vers de si pernicieux, Pour armer contre moi tant d'auteurs furieux? Loin de les décrier, je les ai fait paraître ; El souvent, sans ces vers qui les ont fait connaître, Leur talent dans l'oubli demeurerait caché: Et qui saurait sans moi que Colin a prêché' La satire ne sert qu'à rendre un fat illustre2 : C'est une ombre au tableau qui lui donne du lustre. En les blâmant enfin, j'ai dit ce que j'en croi : Et tel qui me reprend en pense autant que moi.

Satires, ix.

La fausse houle, ou le respect humain.

Des superbes mortels le plus affreux lien,

On n'en saurait douter, c'est la honte du bien3.

Des plus nobles vertus cette adroite ennemie

Peint l'honneur à nos yeux des traits de l'infamie,

Asservit nos esprits sous un joug rigoureux,

El nous rend l'un de l'autre esclaves malheureux.

Par elle la vertu devient lâche et timide.

Vois-tu ce libertin* en public intrépide,

Qui prêche contre un Dieu que dans son âme il croit5?

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