I.oger son ennemie est pour moi plein de charines
PHILAMINTE
J'aime superbement et magnifiquement :
Ces deux adverbes joints font admirablement.
RELISE
Prêtons Toreille au reste....
TRISSOTIN
Faites-la sortir, quoi qu'on die*, De votre riche appariemenl, Où celte ingrate insolemment Attaque voire belle vie.
RELISE
Ah ! tout doux : laissez-moi, de grâce, respirer.
ARMANDE
Donnez-nous, s'il vous plaît, le loisir d'admirer.
1. Ce sonnet est bien réellement de l'abbé Colin , l'un de ces membres de l'Académie française qui avec Chapelain , Scudéry, etc., représenlaient le 'lux goût de l'ancienne liiiérature, détrônée par Roiieau.
2. Pour dé|>récier les œuvres achevées de Doileau , de Molière el de Racine, losparlisans, alors nombreux, de la liUéraUire facile ou plutôt négligée, prétendaient que leurs vers manquaient d'aisance et sentaient trop le travail,
3. Forme longtemps usitée, mais qui, à celle époque, cessait de l'élre. C'est ce que remarquent les auteurs du Diclionnaire de Trévoux : « Il faut toujours écrire et prononcer di^e, et jamais die. ni avec quoique, ni dans aucune autre phrase. » Toutefois Corneille s'élail encore permis celle locution peu auparavant dans la Suite du Menteur, acte III, scène i":
Il se rend familier avec tons mes amis.
Mêle partout son mot, et jamais, quoi qu'on die.
Pour donner son avis il n'attend qu'on l'en prie....
PHILAMINTE
On se sent, à ces vers, jusques au fond de l'âme Couler je ne sais quoi qui fait que l'on se pâme.
ARMANDE
Faites-la sortir, quoi qu'on die, De voire riche appartement.
Que riche appartement est là joliment dit! Et que la métaphore est mise avec esprit!
PHILAMINTE
Failes-la sortir, quoi qu'on die.
Ah! que ce quoi qu'on die est d'un goût admirable! C'est, à mon sentiment, un endroit impayable.
ARMANDE
De quoi qu'on die aussi mon cœur est amoureux.
BÉLISE
.le suis de votre avis, quoi qu'on die est heureux....
PHILAMINTE, à Trissotln.
Mais quand vous avez fait ce charmant quoi qu'on die, Avez-vous compris , vous , toute son énergie? Songiez-vous bien vous-niL'me à tout ce qu'il nous dit, Et pensiez-vous alors y mettre tant d'esprit*?
TRISSOTIN
Hai! bai!
ARMANDE. J'ai foft aussi Vingrate dans la tête. Cette ingrate de fièvre, injuste, malhonnête. Qui traite mal les gens qui la logent chez eux.*
PHILAMINTE
Enfin les quati.iins sont admirables tous deux. Venons-en proinptement aux tiercets^, je vous prie.
ARMANDE
Ah! s'il vous plaît, encore une fois quoi qu'on die.
TRISSOTIN
Failes-la sortir, quoi qu'on die...
1. Trait excellent, qui annonce que les éloges des précieuses sont loin (l'élrc désinléress^'S : elles ne soiipent , en louant, qu'à faire pararie de leur oént'iralion dt'spril et de la vivacilc de leur gnùl. C'est bien lu le iravers ie ces personnes qu'on voit, dit La bruyère, « au moindre mot qui éeliappe, le relever, y trouver un mystère, y ehcrciier de la finesîie et de la suiililiié, seulement pour avoir l'occasion dy placer la leur. » Ch. V, de la Socic'c et delà Couversation. — Plusieurs autres [)assagcsde ce chapitre peuvent encore être rapprochés de la comédie des Femmes snvaiUrs.
2. On écrirait aujourd'hui tercets: stances ou couplets de trois vers. Le sonnet, poëme qui a joui de tant de vogue chez nos ancêtres, se compo e, on le sait, de deux quatrains et de deux tercets.
i"8 MOLIÊRK.
{Continuant ensuite, après plusieurs interruptions :)
Quoi I sans rcsj)f;cifr voire rang, bille se pronrl à votre sang