‹ Morceaux choisis des classiques françaisChapitre 141 sur 254 · HERMIONE · texte numérisé non relu

HERMIONE

Ahl failaii-il en croire une amante insensée?

Ne devais-tu pas lire au fond de ma pensée?

Et ne voyais-tu pas, dans mes emportements,

Que mon c«eur démentait ma bouche à tous moments?

Quand je l'aurais voulu, fallait-il y souscrire?

N'as-tu pas dû^ cent fois te le faire redire?

Toi-même avant le coup me venir consulter?

Y revenir encore, ou plutôt m'éviter?

Que ne me laissais-tu le soin de rna vengeance ?

Qui t'amène en des lieux où Ton fuit ta présence;

Voilà de ton amour le détestable fruit:

Tu m'apportais, cruel, le malheur qui te suit.

C'est toi dont l'ambassade, à tous les deux fatale,

L'a fait pour son malheur pencher vers ma rivale.

Nous le verrions encor nous partager ses soins :

li m'aimerait peut-être; il le feindrait du moins.

Adieu. Tu peux partir. Je demeure en Epire;

1. « Voilà, observe La Harpe, ce fameux qui te l'a dit? Plus j'y réfléchis, plus ro niol me semble admirable. C'csl,àiiion gré, le plus iiardi, le plus profond, le plus élonnani que la passion ail jamais inspiré, l'eiidaiil loul le reste du récit, l'îimc d'Uirmione esL bouleversée par le d 'sesp-ilr. ei iio; peut laisser échapper que ces mois : Qu'oiit-il/i fail! .M.iis quand elle scnlcnd aUribuer cemeinlre, c'esi alors qu'elle est hors d'e le-mème, et qu'eUe punit Orcste des crimes qu'elle lui a fait commmlre. •

1. Pour n'auvais-tii pas du...., tournure prosaïque et lourde qui choquerait en poésie. Ce même cliangemeni de temps se renconirp en latin, où l'on dit bien debebas pour dcberes, dcbiieras pour debuisses.

Je renonce à la Grèce, à Sparte, à son empire, A toute ma famille ; et c'est assez pour moi, Traître, qu'elle ait produit un monstre tel que toi.

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