Suivante d'.\n^'tMique
S. C'est le pcie du joueur.
274 lŒUNAHD.
Et (le pareil argent nous n'avons pas besoin*.
J'ai vu, chemin faisant, aussi monsieur Dorante* :
Morbleu ! qu'il est fàclié !
VALÈRE, couplant toujoursAVïWii deux cent cinquante.
HECTOR , a part.
La flotte est arrivée avec les galions' : Cela va diablement hausser nos actions.
{Haut.) .rai vu pareillement , par votre ordre, Angélique; Elle m^adit....
VALÈRE , frappant du pied.
Morbleu ! ce dernier coup me pique ; Sans les cruels revers de deux coups inouïs , J'aurais encor gagné plus de deux cents louis.
HECTOR
Comment! quelle froideur s'empare de votre âme! Quelle glace! Tantôt vous étiez tout de flamme.
VALÈRE
J'aime autant que jamais; mais sur ma passion J'ai fait, en te quittant, quelque réflexion. Je ne suis point du tout né pour le mariage : Des parents, des enfants, une femme, un ménage, Tout cela me fait peur. J'aime la liberté.
HECTOR
Et le libertinage.
VALÈRE. Hector, en vérité.
Il n'est point dans le monde un état plus aimable Que celui d'un joueur : sa vie est agrtiable; Ses jours sont enchaînés par des plaisirs nouveaux: Comédie, opéra, bonne chère, cadeaux :
11 traîne en tous les lieux la joie et l'abondance; On voit régner sur lui l'air de magnificence, Tabatières, bijoux; sa poche est un trésor; Sous ses heureuses mains le cuivre devient orV
HECTOR
Et l'or devient à rien *
\. Géronle, au lieu d'écus, lui avait donné un soufflet.
2. Le rivai du joueur, comme on l'a vu, et celui qui obtiendra la main d'Angélique.
3. C'était le nom donné aux vaisseaux de l'Espagne qui transportaient l'or du nouveau monde.
4. Boileau avait dit d'Homère, dans son Arl poétique, ch. 111 :
Tout ce qu'il a touché se convertit eu or.
5. Il faudrait aujourd'hui sa rédiiil ou esl réduit à rien : le tour employé par Regnard ne serait plus admis.
RKGNAUD. «75
A ce qu'on peut juger de ce discours charmant, Vous voilà donc en grâce avec Pargent comptant, Tant mieux. Pour se conduire en bonne politique, Il faudrait retirer le portrait d'Angélique.
VALÈl'iE.
Nous verrons.
HECTOR. Vous savez....
vALiiRE. Je dois jouer tantôt.
HECTOR
Tirez-en mille écus.
VALÈRE. Oh ! non, c'est un dépôt.
HECTOR
Pour mettre quelque chose à Tabri des orages, S'il VOUS plaisait du moins de me payer mes gages?
VALÈRE
Quoi ! je te dois?
HECTOR. Depuis que je suis avec vous, Je n'ai pas, en cinq ans, encor reçu cinq sous.
VALÈRE
Mon père le paîra, Tarticle est au mémoire.
HECTOR
Votre père! Ah! monsieur, c'est une mer à boire*. Son argent n'a point cours, quoiqu'il soit bien de poids*.
VALÈRE
Va, j'examinerai ton compte une autre fois, .l'entends venir quelqu'un.
HECTOR. Je vois votre sellière :
Elle a flairé l'argent.
VALÈRE, mettant prompiement son argent dans sa poche. Il faut nous en défaire.
HECTOR
Kt monsieur Galonier, votre honnête tailleur.
VALÈRE
Quel contre-temps !