I. Lettre à Soudéri
GBNRE DIDACTIQUE — r.ENRB CRITIQUE S21
une fraude qu'une conquête. Cela étant, monsieur, je ne doute i nu m que messieurs de l'Académie ne se trouvent bien empêchés dans l<- Jugement de votre procès, et que, d'un côté, vos raisons ne les ébranlent, el de l'autre, L'approbation publique ne les retienne '. Je serais en la môme peine, si ! - en la même délibération. Balzac.
Des Sujets de comédie.
Le marquis. Mais, dis-moi, chevalier, ne crois-tu pas que ton Molière est épuisé maintenant, et qu'il ne trouvera plus de matière pour...
Le chevalier. Plus de matière? ilé, mon pauvre marquis, nous lui en fournirons toujours assez; et, nous ne prenons guère le chemin de nous rendre plus sages, pour tout ce qu'il t'ait et tout ce qu'il dit. Crois-tu qu'ii ait épuisé, dans ses comédies, tous les ridicules des hommes? et, sans sortir de la cour, n'a-t-il pas encore vingt caractères de gens où il n'a pas touché? N'a-t-il pas, par exemple, ceux qui se font les plus grandes amitiés du monde, et qui, le dos tourné, font galanterie de se déchirer l'un l'autre? N'a-t-il pas ces adulateurs à outrance, ces flatteurs insipides, qui n'assaisonii' nt d'aucun sel les louanges qu ils donnent, et dont toutes les flatteries ont une douceur fade qui fait mal au coeur à ceux qui les écoutent? N'a-t-il pas ces lâches courtisans de la faveur, ces perfides adorateurs de la fortune, qui vous encensent dans la prospérité et vous accablent dans la disgrâce? N'a-t-il pas ceux qui sont toujours mécontents de la cour, ces suivants inutiles, ces incommodes assidus, ces gens, dis-je, qui, pour services, ne peuvent compter que des importunités et veulent qu'on les récompense d'avoir obs le prince dix ans durant? N'a-t-il pas ceux qui caressent également tout le monde, qui promènent leurs civilités à droite et à gauche, et courent à tous ceux qu'ils voient avec les mêmes embrassades et les mêmes protestations d'amitié? a Monsieur, votre très-humble serviteur. Monsieur, je suis tout à votre service, tenez-moi des vôtres, mon cher. Faites état de moi, monsieur, comme du plus chaud de vos
t. En vain contre le Cid un ministre se l
Tout Pans pour Cliiinène a les yeux île Rodrigue.
L'Académie eu corps a beau le censurer.
Le public révolté s'obstine à l'admirer. (Boileal. Sal. I, 9.)
amis. Monsieur, je suis ravi de vous embrasser. Ah! monsieur, je ne vous voyais pas : faites-moi la grâce de m'employer; soyez persuadé que je suis entièrement à vous. Vous êtes l'homme du monde que je révère le plus. Il n'y a | sonne que j'honore à l'égal de vous. Je vous conjure de le croire. Je vous supplie de n'en point douter. Serviteur, trcshumble valet. » Va, va, marquis, Molière aura toujours plus de sujets qu'il n'en voudra; et tout ce qu'il a touché jusqu'il i n'est rien que bagatelle au prix de ce qui reste. Molière.
Les Droits de la satire.
Tous les jours à la cour un sot de qualité Peut juger de travers avec impunité, A Malherbe, à Racan préférer Théophile, Et 1 clinquant du Tasse à tout l'or de Virgile. Un clerc, pour quinze sous, sans craindre le holà, Peut aller au parterre attaquer Attila; Et, si le roi des Huns ne lui charme l'oreille, Traiter de visigoths tous les vers de Corneille. Il n'est valet d'auteur ni copiste, à Paris, Qui, la balance en main, ne pèse les écrits *. Dès que l'impression fait éclore un poète Il est esclave né de quiconque l'achète : Il se soumet lui-même aux caprices d'autrui, Et ses écrits tout seuls doivent parler pour lui. Un auteur à genoux, dans une humble préface, Au lecteur qu'il ennuie a beau demander grâce; Il ne gagnera rien sur ce juge irrité, Qui lui fait son procès de pleine autorité.
Et je serai le seul qui ne pourrai rien dire! On sera ridicule, et je n'oserai rire!
Et qu'ont produit mes vers de si pernicieux, Pour armer contre moi tant d'auteurs furieux? Loin de les décrier, je les ai fait paraître ; Et souvent, sans ces vers qui les ont fait connaître, Leur talent dans l'oubli demeurerait caché. Et qui saurait sans moi que Cotin a prêché? La satire ne sert qu'à rendre un fat illustre : C'est une ombre au tableau, qui lui donne du lustre.
1. Algue alia parte in trulina suspendit Hornerum. (JuvÉKAl.. 6ati 0.)
OSNRB DU S CEI!
i blâmant enfin i';ti dit ce que l'en erol; I [ui m'en reprend n pense autant que mol.
. tort, dira l'un; pourquoi faut-il qu'il non i A i hapelainl ahl c'esl un 6i bon homme!
B -i Iroits div
• - il m'eût oru, qu'il n'eût point (ai
i rimer : que n'écril 11 en prose? »
\ i dit. Et que dis-je autr
amant Bes éoi 11 3, ai je d un stj le affreux Distillé but sa vie un venin dangereux?
i h l'attaquant, charitable el discrète, • ■ d'honneur distinguer le p Qu -;i vanl i •■ lui la toi, l'honneur, la probité; Qu'on pri - civilité;
Qu'il suit doux, complaisant, offlcii ux, sim : On le i souscris, et suis prêt à me taire,
liais que pour un m. s écrits,
Qu'il soit li' mieux rente de tous! sprits;
pomme roi ilrs auteurs qu'on l'élève à L'empire; Ma bile aie! s s'échauffe, et je brûle (récrire, Et, s'il ne m'est permis de le duc au paj J'irai cr us r la terre, et, comme ce barbier, faire dire aux roseaux par un nouvel organe: « Midas, le roi Midas, a des oreilles d'âne '. j
Coileau.