‹ Morceaux choisis des grands écrivains français du XIVe siècleChapitre 110 sur 231 · RÉMY BELLEAU · texte numérisé non relu

RÉMY BELLEAU

Avril, l'honneur des prez veFds,

Jaunes, pers.

Qui, d'une àumeur bigarrée, Emaillent de mille fleurs

De couleurs.

Leur parure diaprée ;

Avril, l'honneur des soupirs

Des Zéphyrs, Qui, sous le vent de leur sele Dressent encor, es forests,

Des doux rets.

Pour ravir Flore la belle ;

Avril, c'est ta douce main

Qui , du sein De la nature, desserre Une moisson de senteurs

Et de fleurs, Embasmant l'air et la terre ;

Avrils la grâce et le ris

De Cypris, Le flair et la douce haleine ; Avril, le parfum des dieux,

Qui, des deux, Sentent l'odeur de la plaine ;

C'est toy, courtois et gentil.

Qui d*exil Retiiies ces passagères.

Ces arondelles qui vont,

Et qui sont Du printemps les messagères*

L'aubespine et l'aiglantin,

Et le thym.

L'œillet, le lis, et les roses En ceste belle saison,

A foison, Monstrent leurs robes écloses

Le gentil rossignolet,

Doucelet, Découpe dessous l'ombrage,

Mille fredons. babillars

Fretillars, Au doux chant de son ramage.

C'est à ton heureux retour Que Tamour

Souffle, à doucettes haleines

Un feu croupi et couvert Que rhyver

Receloit dedans nos veines.

Tu vois, en ce temps nouveau,

L'essaim beau De ces pillardes avettes Volleter de fleur en fleur.

Pour l'odeur Qu'ils mussent en leurs cuissettcs.

May vantera ses fraischeurs, Ses fruicts meurs.

Et sa féconde rosée,

La manne et le sucre doux, Le miel roux,

Dont sa grâce est arrosée.

Mais moy, je donne ma voix

A ce mois Qui prend le surnom de celle Qui *, do Fescumeuse mer.

Veit germer Sa naissance maternelle.

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