‹ Morceaux choisis des grands écrivains français du XIVe siècleChapitre 37 sur 231 · GRAMMAIRE DE LA LANGUE DU XVI« SIÈCLE. XLV · texte numérisé non relu

GRAMMAIRE DE LA LANGUE DU XVI« SIÈCLE. XLV

religion estoit ostée de la vie des hommes, ils n'auroyent nulle excel- •nce par dessus les bestes brutes.

Calv. 113.

§ 82. Suivre est employé sans le suffiie [pour^ lat, pro) au sens de poursuivre :

Pour Dieu, mes compagnons, ne laissez au bon du coup ceste enreprinse. Suivez sur cet étonnement.

MONTL. 146.

§ 83. De même munir au sens de prémunir :

Les bestes brutes sentent venir Torage et cherchent des cachettes; ne trouvons pas maulvais si les hommes, le prévoyant, se munissent à rencontre.

Hosp. 154.

§ 84. Le suffixe re^ qui de tous les suffixes est celmi qui a pris le plus fréquemment en français moderne un sens explétif, sans aucune idée de réduplication, manque dans la plupart des cas à la langue du seizième siècle, qui dit épandre pour répandre, marquer pour remarquer, wercier pour remercier, etc.... L'absence de suffixe se fait même sentir dans des cas où la présence de re est indispensable au sens : Rabelais emploie bâtir pour rebâtir, connaître pour reconnaître, etc....

Les principaux verbes de ce genre sont : Abattre pour rabattre :

Les yisieres estant àbatues, et la prompte fureur ayant bandé les yeux.

La Noue, 202.

Accourcir pour raccourcir :

.... Lui, réveillé, avec la pleine tasse Des jours d'esté la longueur accourcit, ^''

RoNs. 28.

Assurer pour rassurer :

Or y Bf-t-il plusieurs occasions qui nous feroyent perdre tout cou-

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