CHAPITRE III
ADJEGTIF.
Section I. Genre,
§18. Les adjectifs qui n'avaient en latin qu'une seule forme pour le masculin et le feminin (grandis, fortis), a'en avaient 1 Torigine qu'une seule en fran$ais pour les deux genres : on disait au moyen Age une grand fernme^ une plaine vert (viridis), une ame mortel (mortalis), etc.... Plus tard, la force de l'analogie 6tendit h ces adjcc~ tifs la marque du 16minin, et on dit grande comme on disait bonne. L'ancienne forme 6tymologique ' persista dependant k cdt6 de la nouvelle, et depuis le quatorzieme siecle jusqu'iL la fin du seizieme, on trouve parallelement grande et grand pour le f6minin ;
Les 0oudarcts *ont i grant peine assouvis.
GRAMMAIRE DE LA LANGUE DU XVF SlfiCLE. XIX
II leur a monstre par espreuve une grand 1 prevoyance pour let garder, grand? hardiesse pour let defendre,
Boet. 189,
Lea fleuves sont seichez, la grand mer se desrobe.
Aub. 91
Pendant que la bataille estoit en telz termes, on dit qu'il s'apparut en 1'air une grand* flamme.
Akyot, 161.
Apres que l'assemblee fut entree Men avant dedans la grande sale, tous les deputes prirent place.
Mkn. 242.
I/apostrophe que nous plaQons dans grcmd'mdre, grand'messe^ etc., est due aux grammairiens du seizieme siecle qui prenaient grand pour une abr6viation de grande , et qui voulurent ainsi. marquer par ce signe la suppression d'un e qnf n'a^ait, en r6ajit6, jamais exists,
§19, Leg adjectifs que nous employons aujourd'hui comme propositions, et auxquels nous imposons l'invariabilitG, n'^taient point encore infl6chis au seizifcme siecle ;
Les truyes en leur gesine (saulve rhonneur de toute la compaignie.)
Section II. Degr^s de comparaison.
§ 20. Pour le superlatif, outre l'adverbe trte, on employait encore les deux adverbes moult (multum) et prou 7 qui avaient Tun et Pautre le sens de beaucoup :
Tout cela marcboit en moult belie ordonnance.
Les pauvres Parisiens en ont dans leurs bottes bien avant, et lera prou difficile de les desbourber.
Sat. M£n. 239.
§ 21. Le semime gjdcle donnait aoxmxvl ^ xA.*us ^^