‹ Morceaux choisis des grands ʹecrivains franc̜ais du XVIe siècle: accompagnʹes d'une grammaire etChapitre 180 sur 212 · A MARIE DE M&DICIS · texte numérisé non relu

A MARIE DE M&DICIS

M'amye, j'attendois d'heure a heure vostre lettre; je l'ay baisee en la lisant. Je vous responds en mer ou j'ay voulu courre une bordee par le doux temps. Vive Dieu ! vous ne m'auries rien sceu mander qui me fust plus agreable que la nouvelle du plaisir de lecture qui vous a prins. Plutarque me sourit tousjours d'une fresche nouveaut^ : l'aimer c'est m'aimer, car il a este* Tinstituteur de mon jeune Age. Ha bonne mere, a qui je doibs tout, et qui avoit une affection si grande de veiller a mes bons depor tern ens, et ne vouloir pas, ce disoit-elle, voir en son fils un illustre ignorant, me mit ce livre entre les mains, encore que je ne feusse plus un enfant demamelle. II m 'a este comme ma conscience, et m'a dicte* a l'oreille beaucoup de bonnes honnesxetez et maximes excellentes pour ma conduite et pour le gouverne* ment des affaires. Adieu, mon coeur.

Page 1