‹ Morceaux choisis des grands ʹecrivains franc̜ais du XVIe siècle: accompagnʹes d'une grammaire etChapitre 99 sur 212 · FRAGMENTS · texte numérisé non relu

FRAGMENTS

du po£mb intitule : les Amours et nouveaux exchanges des pierret precieuses, Vertus et ProprUte's Micelles.

C'estoit au mesme jour que les folles Menades Et le troupeau sacre des errantes Thyades Alloyent criant, hurlant, dodinant et crollant, Leur visagu masque, de serpens tout grouillant, Le javelot au poing, entour6 de lierre, Boufibnnant, bondissant, et trepignant la terre, Sans ordre, pesle-mesle, au son du tabourin, Sous le bruit esclattant des comes a bouquin. Trop pleine de ce dieu, la brigade chanceile, Fourvoyant ca et la, de piez et de cervelle, De rage epoinconnee, errante par les bois.

La terre gemissoit de leurs confus abois, La lumiere des veuz se bouchoit retenue

Sous la brune espaisseur d'une poudreuse nuS, Les oyseaux estnurdis, les entendans hurler, Quitterent aussi tost les campagnes de l'aer.

L'une portoit en main une lance estoffee

De lierre ondoyant, ou pendoyent, pour trofee,

Les despouilles d'un bouc : l'autre, pleine du dieu

Qui la pousse en fureur, sur le fer d'un espieu,

Secouoit embroche, victime de la feste,

D'un pore gaste-raisin, le simier et la teste :

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L'autre portoit d'un fan tavele sur la peau Les cornichons pointus, comme un croissant nouveau' L'autre, sur une fourche a deux pointes guerrieres, La hure d'un sanglier, aux defenses meurtrieres : De figues et de fleurs, l'autre, avec le coffin*, Bransloit au ventre creux un vase plein de vin.

D'un pie prompt et legier, ces folles Bassarides* Environnent le char ; Tune se pend aux brides 4es onces mouchettez d'estoiles sur le dos, Onces a l'oeil subtil, au pie souple et dispos, Au muffle herisse de deux longues moustaches; L'autre met dextrement les tigres aux attaches, Tizonnez sur la peau, les couple deux a deux; lis ronflent de colere, et vont roullans lesyeux: Un fin drap d'or fris6, seme" des perles fines, Lescouvre jusqu'au flanc; les houpes a crespincs Flottent sur le genou; plus humbles devenus*, On agencc leur queue en tortillons menus.

D'or fin est le branquar, d'or la j ante et la rouS, Et d'ivoire indien est la pouppe et la proue :

Le dieu monte en son char; les tigres vont d'avant, Qui, sans piquer, voloyent plus legers que le vant, Sous leurs pies ergottez d'une griffe meurdriere Faisoyent voler menu la bruyante poussiere, D'un muffle entrcfendu remaschant, polissant L'or fin, entre leurs dens, d'ecume blanchissant : Jointes a ses costez, ces folastres Evantes Le suivoyent au galop, hurlantos et courantes.

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