‹ Morceaux choisis des poetes et prosateurs français du 16e siecle. Accompagnés de notices développées sur chaque auteur, de notes grammaticales, littéraires et historiques; précédés d'une grammaire abrégée de la langue du 16e siecle, d'études générales sur l'état de la poésie et de la prose a cette époque, et suivis d'un glossaire explicatif et étymologique de tous les termes sortis de l'usage, qui se rencontrent dans ce volumeChapitre 1 sur 91 · DEPUIS LE XVI« SIÈCLE JUSQU'A NOS JOURS · texte numérisé non relu

DEPUIS LE XVI« SIÈCLE JUSQU'A NOS JOURS

Ouvrage courouné par l'Acadiiœie françaiie

10 vol. in-8. 2« édition G5 fr.

Lettre de Ms"' DUPANLOUP, Évêque d'Orléans, à l'auteur de l'Histoire de la Littérature française :

n ... Je voudrais pouvoir tous dire tout le bien que je pense de votre livre, et j'en pense beaucoup, soit que je le considère comme une histoire de la littérature français >, soit que je l'envisage comme un recueil classique d'études et de modèles de style...

Cl Autant j'admire ce que vous avez déployé de méthode et de sagacité, autant je suis effrayé de ce qu'il vous a fallu de lecture, de mémoire et de persévérance pour faire une pareille œuvre. Tous les auteurs dont vous avez parlé, les innombrables ouvrages dont vous rendez compte, que vous analysez, discutez, rapprochez, comparez et jugez, on voit que vous les avez lus, comme on ne lit guère aujourd'hui, du commencement à la fin, avec la plus consciencieuse et la plus sévère attention. Et c'est là, à mes yeux, le premier mérite de votre ouvrage: votre érudition n'est pas de seconde ou de troisième main; vous avez le courage d'aller aux sources. Votre critique y a gagné do l'ampleur, de la mesure, delà sûreté, et je ne sais quelle fraîcheur et quelle originalité de goût et de style dont j'ai été cnarmé.

« Quelques-uns disent que l'érudition tue le goût. Je ne saurais souscrire à cette opinion depuis que je vous ai lu; et je n'admire pas moins, dans ce que j'ai vu de vos trois volumes, la pénétration critique et les fermes et saines appréciations, que la recherche et la connaissance des textes.

« Vous apportez, en effet, dans vos jugements, une mesure, une équité et une fermeté qu'on rencontre rarement dans la littérature courante. Vous discutez, avec autorité et sans pédantisme, les principaux oracles de la critique ; vont, adoptei et confirmez leurs opinions quand elles vous paraissent justes, mais sans vous y altachir servilement. Vous savez unir ainsi le respect des maîtres à l'indépendance de jugement que doit garder tout homme qui pen.se par lui-mèrae. Et vos jugements, quels qu'ils soient, nouveaux et personnels, ou conformes aux idées reçues, sont toujours forletnent motivés. Sans rien sacrifier de la juste liberté de votre esprit, vous savez comprendi-e qu'il y a des traditions, une autorité, des principes en littérature comme en toute chose.

t L'n autre mérite de votre livre, et qui le distingue de beaucoup d'autres analogues, c'est son originalité. J'y trouve des études vraimcut neuves, f.e qui me fatigue dans plusieurs histoires lilléraires que je connais, et ce qui nio met en défiance centre celles que je ne connais pas, ce sont les jugements tout faits et les éternelles redites. Vous, mon ami, vous avez su, sans multiplier les pages, approfondir vos matières, et par là être aussi neuf que solide. Vos lecteurs puiserouJ dans chacune de vos études une science de bon aloi, cl se dépreudront de ces fausses idées qui courent pour ainsi dire la littérature, recueillies et répétées par des ciitiques sans portée et des écrivains sans valeur. Enfin, — et pour achever uar là ce jugement d'enseinlile sur votre œuvre, — votre manière d'écrire, la langue que vous parlez, plaira par sa fermeté, sa clarté, sa précision et sou élégante corrictiou... »

t FliL!.\, évéque d'Orléans.

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DU XVr SIECLE

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