LE MONDE A VENIR
O foi ! doux présent du ciel, objet des sarcasmes d’orgueilleux insensés! sur le chemin du tombeau, tu es pour moi un guide envoyé de Dieu, une étoile dont la lumière me dirige sûrement dans la sombre vallée de la vie. Comme une récompense de mes pieux efforts, tu me montres un beau pays lointain.
Quand les nuages s’amoncellent devant moi, que le péril et l’angoisse m’oppressent, que les torrents mugissent, que l’orage gronde et que de profondes ténèbres m’environnent ; au milieu du tumulte, tu me prends par la main en me rassurant et tu diriges mes regards vers le ciel, Je beau pays lointain.
Quand un noir chagrin ronge mon cœur profondément abattu ; quand, torturée par d’amères douleurs, mon âme désolée exhale sa plainte et que mes yeux pleurent sur les tombes qui m’ont ravi ce que j’avais de plus cher , alors, révélé par toi, m’apparaît le beau pays lointain.
Et, plein de confiance, je lève vers le ciel mon regard languissant. A travers le voile brumeux de la terre, je vois déjà poindre l'aurore, cette aurore précurseur d’un soleil qui illumine le sombre rivage de la vie et me promet d’éternelles délices dans le beau pays lointain.
Pénétré de gratitude envers Dieu qui t’a donnée à moi, les yeux baignés de larmes de bonheur, c’est avec une douce et muette aspiration que je chemine vers la tombe. Non, elle ne peut engloutir ce que j’ai senti si profondément en moimôme 1 Là-bas, dans une lueur rosée, m’appelle un beau pays Lointain.
Gopp. '