‹ Morceaux choisis en prose et en vers des classiques allemandsChapitre 178 sur 249 · A travers la longue ligne delà rue · texte numérisé non relu

A travers la longue ligne delà rue

traîner la terre. Privé do toute espérance, l’homme cède à la force des dieux ; immobile, frappé de stupeur, il voit périr son ouvrage. "

Tout est consumé ; il ne reste plus qu’un espace vide balayé par les sauvages ouragans *, la terreur habite dans les ouvertures vides des fenêtres, et l’on voit les nuages du ciel à travers ces trous béants *.

L’homme jette encore un regard sur le tombeau de sa fortune et prend ensuite résolument le bâton de voyage; car, au milieu des désastres de l’incendie, une douce consolation lui est restée; il compte les tôles qui lui sont chères : O bonheur ! aucune ne lui manque.

La terre a reçu le métal, le moule est heureusement rempli; la cloche en sortira-t-elle assez parfaite pour nous dédommager de notre peine et faire honneur à notre art? Si la fonte n’avait pas réussi 1 si lë moule s’était brisé! Hélas 1 pendant que nous espérons, il nous est déjà peut-être arrivé malheur.

Nous confions l’œuvre de nos mains au sein ténébreux de la terre sacrée; le laboureur lui confie ses semences, espérant, qu’avec le secours du ciel, elles germeront et produiront une moisson abondante. Nous ensevelissons avec douleur dans le sein de la terre des semences encore plus précieuses, dans l’espoir qu’elles sortiront du cercueil et fleuriront pour une vie meilleure.

Triste et lugubre, du haut du beffroi, la cloche fait entendre un chant de mort. Hélas! c’est une épouse, une mère chérie, que le prince des ténèbres arrache aux bras de son époux, au cercle florissant de3 tendres enfants qu’elle lui a donnés et qu’elle a vus grandir sur son sein avec amour. Hélas ! les doux liens de la famille sont brisés à tout jamais, car elle habite le pays des ombres, celle qui fut la mère de

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