‹ Morceaux choisis en prose et en vers des classiques allemandsChapitre 196 sur 249 · LE COLYSÉE DE ROME · texte numérisé non relu

LE COLYSÉE DE ROME

Qu’il est beau cet édifice où les arcades entassées sur les arcades s’élèvent majestueusement dans les nues! Assiégé par la sauvage furie des siècles , maint pilier s’est écroulé ; les gradins restent nus et déserts; personne ne vient en ces » lieux goûter les plaisirs de la vie.

A travers les crevasses des murailles , la lune projette sur les ruines sa grave et paisible lumière; le paladin semble gémir en silence, car un tombeau couvre la splendeur des Césars. Je vois des ombres s’élever et descendre, des ombres, témoins muets de la mort.

Tu es éteinte , 6 Rome 1 dont nous saluons encore avec transport l’orgueilleuse image dans ces antiques et sauvages combats des gladiateurs. Déjà les douces mœurs d’Athènes s’étaient introduites dans bien des cœurs, et lorsque les Romains se furent amollis, ils apprirent ici des barbares à mourir sans crainte.

Mais on ne versa pas seulement le sang des esclaves ; lo sang de héros, le sang le plus pur coula aussi. Maudits par les prêtres des idoles, ceux qui prêchaient le royaume éternel do Jésus moururent avec allégresse dans cette enceinte où le regard de l’amour adoucit souvent la rage des bêtes féroces.

Comme un agneau timide, le fier lion so couchait doucement aux pieds da martyr; mais les flammes de la haine et

de la vengeance ne s’en élevaient que plus haut; le cri du meurtre retentissait tumultueusement dans le cirque. Ils croyaient, les insensés, que la vérité resterait muette si le sang de ses confesseurs coulait par torrents.

Mais la vérité ne se tait jamais, jamais elle ne peut so taire. Voyez, elle s’élève en ces lieux la croix du Seigneur qu’a fait croître le sang des martyrs ; elle crie : Arrière les serviteurs des idoles ! Le doigt de Dieu a touché le théâtre de l’orgueil, et son temple n’est plus qu’une majestueuse ruine.

Wessenberg.

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