‹ Morceaux choisis en prose et en vers des classiques allemandsChapitre 71 sur 249 · IMMORTALITÉ DE L’ÂME · texte numérisé non relu

IMMORTALITÉ DE L’ÂME

Le soleil se lève et se couche, les étoiles disparaissent et reviennent et toutes les sphères tournent éternellement dans

PROSE: DISCOURS

leurs orbites'; mais aucune d’elles ne reviont telle qu’elle a disparu, et dans ces sources lumineuses de la vie, il y a vie et développement. Chacune des heures amenées par elles, chaque matin, chaque soir descendent sur le monde avec uno prospérité nouvelle; la vie et l’amour découlent des sphères comme les gouttes de rosée des nuages et la nature les reçoit comme la fraîche nuit de la terre.

Dans la nature, toute mort est enfantement, et c’est précisément dans la mort qu’apparatt une recrudescence de vie. Il n’est point dans la nature de principe mortifère, car la nature est la vie pure qui, cachée derrière la vie antérieure, commence et se développe. Mort et naissance ne sont que la lutte de la vie avec elle-même, pour se transfigurer sans cesse et se présenter sous une forme plus digne d’elle*. Et la mort pourrait être autre chose pour moi?... Pour moi, qui ne suis pas seulement une image, une représentation de la vie, mais qui porte en moi-même la vie primitive, la seule vraie et substantielle? On ne saurait supposer un seul instant que la nature puisse anéantir une existence qui ne provient pas d’elle ; la nature qui n'existe que pour moi et non moi pour elle.

Bien plus, ma vie naturelle elle-même, celte pure manifestation de la vie interne et invisible dans le domaine du fini, elle ne peut pas la détruire à moins de pouvoir se détruire elle-même; car la nature n’existe que pour moi et à cause do moi et cesse d'être, si je ne suis pas. Précisément, parce qu’elle me tue, elle doit me révivifier. Ce n’est que devant une vie plus noble se développant en elle que ma vie présente s’évanouit, et ce que nous appelons mort, n’est autre chose que la manifestation visible d’une seconde existence. Si aucun être raisonnable ne mourait sur la terre, après y avoir reçu la lumière, il n’y aurait aucun motif d’attendre

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