Cépées, touffe de branches sortant d'une même souche
3. * Comparer la description de la Bretagne dans Michelet (Tableau de la France):
De mauvais ponts sur des marais, puis le bas et sombre manoir avec la longue avenue de chênes qui s'est religieusement conservée en Bretagne ; d-.s bois fourrés et bas où les vieux arbres même ne s'élèvent jamais bien haut... Partout de grandes landes tristement parées de bruyères roses et de diverses plantes jaunes ; ailleurs, ce sont des campagnes blanches de sarrasin. Cette neige d'été, ces couleurs sans éclat et comme flétries d'avance, affligent l'œil plus qu'elles ne le récréent... En avançant vers Car nac, c'est encore pis. Véritables plai-
nes de roc où quelques moutons noirs paissent le caillou.
V?ir aussi P. Loti (Pêcheur d'Islande) :
Le gai temps de juin souriait partout autour d'elle. Sur les hauteurs pierreuses, il n'y avait toujours que les ajoncs ras aux fleurs jaune d'or ; mais dès qu'on passait dans les basfonds abrités contre le vent de la mer, on trouvait tout de suite la belle verdure neuve, les haies d'aubépine fleurie, l'herbe haute et sentant bon.
Elle ne voyait guère tout cela, elle, si vieille, sur qui s'étaient accumulées les saisons fugitives, courtes à présent comme des jours. Autour des hameaux croulant aux murs sombres il y avait des rosiers, des œillets, des giroflées et, jusque sur les hautes toitures de chaume et de mousse, mille petites fleurs qui attiraient les premiers papillons blancs.
CHATEAUBRIAND
giennes1, frontières indécises des deux éléments : l'alouette de champ y vole avec l'alouette marine ; la charrue et la barque, à un jet de pierre l'une de l'autre, sillonnent la terre et l'eau. Le navigateur et le berger s'empruntent mutuellement leur langue : le matelot dit les vagues moutonnent, le pâtre dit des flottes de moutons2. Des sables de diverses couleurs, des bancs variés de coquillages, des varechs, des franges d'une écume argentée, dessinent la lisière blonde ou verte des blés. Je ne sais plus dans quelle île de la Méditerranée j'ai vu un bas-relief représentant les Néréides attachant des festons au bas de la robe de Gérés3.
Mais ce qu'il faut admirer en Bretagne, c'est la lune se levant sur la terre et se couchant sur la mer. Etablie par Dieu gouvernante de l'abime4, la lune a ses nuages, ses vapeurs, ses rayons, ses ombres portées comme le soleil ; mais comme lui elle ne se retire pas solitaire : un cortège d'étoiles l'accompagne5. A mesure que sur mon rivage natal elle descend au bout du ciel, elle accroît son silence qu'elle communique à la mer ; bientôt elle tombe à l'horizon, l'intersecte6, ne montre plus que la moitié de son front qui s'assoupit, s'incline et disparaît dans la molle intumescence des vagues. Les astres voisins de leur reine, avant de se plonger à sa suite, semblent s'arrêter, suspendus à la cîme des flots. La lune n'est pas plutôt7 couchée qu'un souffle venant du large brise l'image des constellations, comme on éteint les flambeaux après une solennité8. (Ibid. Livre II).
[Cinq années passées aux collèges de Dol et de Rennes ne paraissent pas avoir beaucoup agi sur son esprit ni sur son imagination. Ce qui