‹ Morceaux choisisChapitre 340 sur 530 · Règle : La fortune vient en dormant · texte numérisé non relu

Règle : La fortune vient en dormant

2. Nous avons déjà vu au début d'Atala (les deux rives du Meschacebê, p. 141) ce paysage de la Louisiane. — Remarquer ici les adjectifs : feuilles satinées, dôme azuré, etc.

3. Voir plus haut, pour cette mélancolie, le roman René, surtout p. 166.

4. La phrase est très belle, très harmonieuse et l'image de l'âge d'or est bien à sa place ici.

Toutefois il y a un peu de recherche dans cette comparaison des ruisseaux de lait. Et puis nous commençons à saisir ici un procédé qui deviendra à la longue très fatigant. Les paragraphes se terminent souvent par une comparaison : tel etc., telle etc. C'est le ton épique.

5. Cette cabane est ici très sommairement décrite; mais l'auteur aura plus d'une fois l'occasion de dépeindre les hut-

tes des sauvages. Il cite, en appendice, une Description du pays des Natchez, du P. Charlevoix, à qui il a emprunté plusieurs détails pour son poème :

Les cabanes du grand village des Natchez, le seul que j'aie va, sont en forme de pavillon carré, fort basses et sans fenêtres; le faîte est arrondi à peu près comme un four. La plupart sont couvertes de feuilles et de paille de maïs ; quelques-unes sont construites d'une espèce de torchis qui me parut assez bon, et qui est revêtu en dehors et en dedans de nattes fort minces. Celle du grand-chef est fort proprement crépie en dedans... J'y trouvai pour tout meuble une couche de planches fort étroite, élevée de terre de deux ou trois pieds : apparemment que quand le grand-chef veut se coucher, il y étend une natte ou quelque peau.

6. Comme dans les Martyrs et avec plus d'excès encore, Chateaubriand va multiplier, dans son poème, les détails de couleur locale.

LES NATGHEZ

Dans un lieu retiré, la nièce de Ghactas empennait1 des flèches avec des plumes de faucon. Géluta, son amie, qui l'était venue visiter2, semblait l'aider dans son travail; mais sa main, arrêtée sur l'ouvrage, annonçait que d'autres sentiments occupaient son cœur3.

Le frère d'Amélie s'était endormi llhomme de la société, il se réveillait l'homme de la nature4. (Livre II.)

[Pendant que Chactas est au conseil, René sort dans la campagne et il arrive auprès de la cabane où Céluta habite avec son frère Outougamiz. Sans être vu, il les observe. Elle est occupée à broder pendant que son frère sculpte une pagaye. Lorsqu'ils l'aperçoivent, ils lui font fête. Outougamiz conclut avec René le pacte de l'amitié, suivant le rite indien (livre III)5. Chactas fait à René le récit de sa vie ; il lui raconte l'histoire d'Atala6, et la suite de ses propres aventures après la mort de la jeune fille. Ce récit remplit quatre livres (V-VIII). Chactas, fait prisonnier par les Français, a été amené en France 7 : J

Chactas aux galères.

Un Français, mon frère de chaîne, s'était rendu coupable d'une action qui l'avait fait condamner au tribunal de tes vieillards8. Jeune encore, Honfroy prenait légèrement la vie. Charmé de m'entendre parler sa langue, il me racontait ses aventures ; il me disait : « Ghactas, tu es un sauvage et je suis un homme civilisé. Vraisemblablement tu es un honnête homme et moi je suis un scélérat. N'est-il pas singulier que tu arrives exprès de l'Amérique pour être mon compagnon de boulet, en Europe, pour montrer

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