La phrase est très belle
grave, émue et digne en même temps.
5. Toujours ce loyalisme, ce point d'honneur qui eut réellement sa grandeur. On songe aux vers de Hugo, écrits d'ailleurs dans un tout autre esprit:
Sombre fidélité pour les choses toni- [ bées,
Sois ma force et ma joie et mon pilier [d'airain.
(Châtiments).
6. Parce qu'il avait soutenu la liberté de la presse et attaqué Decazes et Yillèle.
CHATEAUBRIAND
le renégat vous appelle1! Venez donc balbutier un mot, un seul mot avec lui pour l'infortuné maître qui vous combla de ses dons et que vous avez perdu2! Provocateurs de coups d'État, prédicateurs du pouvoir constituant, où êtes-vous? Vous vous cachez dans la boue du fond de laquelle vous leviez vaillamment la tête pour calomnier les vrais serviteurs du roi : votre silence d'aujourd'hui est digne de votre langage d'hier. Que tous ces preux, dont les exploits projetés ont fait chasser les descendants d'Henri IV à coups de fourche, tremblent maintenant accroupis sous la cocarde tricolore : c'est tout naturel. Les nobles couleurs dont ils se parent protégeront leur personne, et ne couvriront pas leur lâcheté3. » (Mémoires d'Oaire-Tombe, V, 321 et 393).
[Après cette séance, Chateaubriand donne sa démission de pair de France, puisqu'il ne veut pas prêter serment à Louis-Philippe ; il renonce à sa pension de douze mille francs4. Il rentre définitivement dans la vie privée:]
Fin de ma carrière politique.
Ici se termine ma carrière politique» Celte carrière devait aussi clore mes Mémoires, n'ayant5 plus qu'à résumer les expériences de ma course. Trois catastrophes ont marqué les trois parties précédentes de ma vie : j'ai vu mourir Louis XVI pendant ma carrière de voyageur et de soldat ; au bout de ma carrière littéraire, Bonaparte a disparu ; Charles X, en tombant, a fermé ma carrière politique.
1. Mouvement très oratoire d'indignation et d'ironie. Il dit qu'en prononçant ces mots ses regards se portèrent sur les rangs des pairs.