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Surtout si l'homme est un homme supérieur

LES ÉTUDES HISTORIQUES

M. Victor Hugo1, nous saurons ce qu'un génie à part peut trouver dans une route inconnue aux Corneille et aux Racine. L'Ecosse voit renaître le moyen âge dans les célèbres inventions de Walter Scott2. Le Nouveau Monde, qui n'a d'autres antiquités que ses forêts, ses sauvages et sa liberté3, vieille comme la terre, a trouvé dans M. Gooper4 le peintre de ses antiquités. Nous n'avons point failli en ce nouveau genre de littérature : une foule d'hommes de talent nous ont donné des tableaux empreints des couleurs de l'histoire. Je ne puis rappeler tous ces tableaux, mais deux s'offrent en ce moment même à ma mémoire : l'un, de M. Mérimée, représente les mœurs à l'époque de la Saint-Bar thélemy 5 ; l'autre, de M. Latouche, met sous nos yeux une des réactions sanglantes de la contre-révolution napolitaine6. Ces vives peintures rendront de plus en plus difficile la tâche de l'historien. Au 13e siècle la chevalerie historique produisit la chevalerie romanesque qui marcha de pair avec elle ; de notre temps la véritable histoire aura son histoire fictive, qui la fera disparaître dans son éclat ou la suivra comme son ombre.

Sous le simple titre de chansonnier7, un homme est devenu un des plus grands poètes que la France ait produits : avec un génie qui tient de La Fontaine et d'Horace, il a chanté,

lorsqu'il l'a voulu, comme Tacite écrivait8 Le poète

n'est peut-être pas tout à fait aussi heureux quand il chante les rois sur leur trône, à moins que ce ne soit le roi d'Yvetot9. En général, M. de Béranger a pour démon familier une de ces muses qui pleurent en riant et dont le malheur fait grandir les ailes.

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