‹ Morceaux choisisChapitre 437 sur 530 · Il y a un peu d'orgueil ici · texte numérisé non relu

Il y a un peu d'orgueil ici

Chateaubriand montre qu'il est

Î>armi les amis les plus chers de a maîtresse de maison.

3. Un des plus grands écrivains français du début du 19° siècle (1766-1817). Elle était lille de Necker. Son livre le plus remarquable est V Allemagne.

4. Coppet, sur le lac de Genève, résidence de Mmf> de Staël, quand Napoléon Peut bannie de Paris. Cf. plus bas, la visite de Chateaubriand à Coppet, p.

5. VAbbaye-aux-Bois était un couvent, rue de Sèvres, que la Révolution supprima. Mme de Récamier se retira en 1819 dans l'une des dépendances, qu'elle habita jusqu'à sa mort en 1849.

En 1827, des religieuses de Notre- Dame s'installèrent dans l'ancien couvent et y ouvrirent une maison d'éducation.

Fig. 21. — îviaaame Récamier.

(D'après le portrait de David, au Musée du Louvre.)

Ce portrait n'est qu'une ébauche. David l'entreprit en 1800, puis l'abandonna, parce que Mme Récamier n'en était pas satisfaite (fâchée peut-être d'être représentée les pieds nus). Mme Récamier, selon la mode de l'époque, est couchée sur un lit empire, imité de l'antique. — Sur l'amitié de Chateaubriand et de M— Récamier, cf. plus haut pp 444 et 457.

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LA VIE DE RETRAITE ET DE VOYAGES

les sons de la cloche « qui semblait pleurer le jour qui se mourait1 » se mêlaient aux derniers accents de l'invocation à la nuit de Roméo et Juliette y de Steibelt2. Quelques oiseaux se venaient coucher3 dans les jalousies relevées de la fenêtre ; je rejoignais au loin le silence et la solitude, par-dessus le tumulte et le bruit d'une grande cité4

Hélas ! les hommes que je rencontrais chez Mm* Récamier* ont été rejoindre Hingant, Joubert, Fontanes6, autres absents d'une autre société absente. Parmi ces amitiés successives se sont élevés de jeunes amis, rejetons printaniers d'une vieille forêt où la coupe est éternelle7. Je les prie, je prie M. Ampère8, qui lira ceci lorsque j'aurai disparu, je leur demande à tous de me conserver quelque souvenir : je leur remets le fil de la vie dont Lachésis9 laisse échapper le bout sur mon fuseau. Mon inséparable camarade de route, M. Ballanche10, s'est trouvé seul au commencement et à la lin de ma carrière ; il a été témoin de mes liaisons rompues par le temps, comme j'ai été témoin des siennes entraînées par le Rhône11 : les fleuves minent toujours leurs bords.

Le malheur de mes amis a souvent penché sur moi, et je ne me suis jamais dérobé au fardeau sacré : le moment de la rémunération12 est arrivé : un attachement sérieux daigne m'aider à supporter ce que leur multitude ajoute de pesanteur à des jours mauvais. En approchant de ma lin, il me semble que tout ce qui m'a été cher m'a été cher dans M"e Récamier et qu'elle était la source cachée de mes affections13 En se promenant au milieu de ces Mémoires dans

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