Valentine de Milan, princesse italienne, aïeule de Louis
5. L'escalier monumental occupe le centre de l'édifice ; il est construit de telle façon que deux personnes peuvent le gravir ou le descendre simultanément sans se rencontrer ; il se compose de deux rampes superposées en hélice au-dessus l'une de l'autre.
6. La partie supérieure de l'édifice, spécialement vers la lanterne au haut de l'escalier. Elle affecte en effet la forme d'une fusée.
Fig. 23. — Chambord.
Ge célèbre château, une des merveilles de la Renaissance, fui bati sous François I". (Cf. notre page 502, n. 3.)
poupées que j'ai vu retirer des fouilles à Athènes. De loin, l'édifice est un arabesque1 ; il se présente comme une femme dont le vent aurait soufflé en l'air la chevelure1; de près cette femme s'incorpore dans la maçonnerie et se change en tours; c'est alors Glorinde2 appuyée sur des ruines. Le caprice d'un ciseau volage n'a pas disparu ; la légèreté et la finesse des traits se retrouvent dans le simulacre d'une guerrière expirante3. Quand vous pénétrez en dedans, la fleur de lis et la salamandre4 se dessinent dans les plafonds. Si jamais Ghambord était détruit, on ne trouverait nulle part le style premier de la Renaissance, car à Venise il s'est mélangé.
Ce qui rendait à Ghambord sa beauté, c'était son abandon: par les fenêtres, j'apercevais un parterre sec, des herbes jaunies, des champs de blé noir: retracements5 de la pauvreté et de la fidélité de mon indigente patrie. Lorsque j y passai, il y avait un oiseau brun de quelque grosseur qui volait le long du Gosson, petite rivière inconnue6.
L'abbé Le Bouthillier se logea parmi les moines de son prieuré; de quelque côté qu'on ouvrît une fenêtre, on ne voyait que des bois. Le château, près duquel n'a pas même pu se former un village, est frappé de malédiction 7.(Livre II.)
[L'abbé de Rancé va prendre l'avis de l'évêque de Comminges. Il vend sa vaisselle d'argent, distribue le montant en aumônes, se défait de sa terre de Véretz et se retire dans son abbaye de la Trappe, située dans le Perche (à 12 kil. de Mortagne). La discipline en était très relâ-
1. A l'époque de la Renaissance, on use beaucoup des arabesques antiques, motifs d'architecture ornés de feuillages, de fleurs, de statues, de draperies. Chateaubriand compare le monument tout entier à une statue de femme dont la partie supérieure de l'édifice figurerait la chevelure. C'est une impression bizarre.
2. Une des héroïnes de la Jérusalem délivrée du Tasse : Armide représente la coquetterie, Hermine la sensibilité et Clorinde l'indifférence. Cf. Génie du christianisme. Deuxième partie, livre I, chap. 2.