‹ Morceaux choisisChapitre 47 sur 226 · La scène est à Saumur · texte numérisé non relu

La scène est à Saumur

4. Marquées de raies sinueuses comme en l'ont les vers dans le bois.

sculptée, représentant les quatre Saisons, ligures déjà rongées et toutes noires. Ce bas-relief était surmonté d'une plinthe saillante, sur laquelle s'élevaient plusieurs de ces végétations dues au hasard, des pariétaires jaunes, des liserons, des convolvulus, du plantain i, et un petit cerisier assez haut déjà. La porte, en chêne massif, brune, desséchée, fendue de toutes parts, frêle en apparence, était solidement maintenue par le système de ses boulons, qui iiguraient des dessins symétriques. Une grille carrée, petite, mais à barreaux serrés et rouges de rouille, occupait le milieu de la porte bâtarde- et servait, pour ainsi dire, de motif à un marteau qui s'y rattachait par un anneau, et frappait sur

la tête grimaçante d'un maître clou Par la petite grille,

destinée à reconnaître les amis au temps des guei-res civi- i les 3, les curieux pouvaient apercevoir, au fond d'une voûte obscure et verdàtre, quelques mai-ches dégradées par lesquelles on montait dans un jardin que bornaient pittoresquement des murs épais, humides, pleins de suintements ! et de touffes d'arbustes malingres. Ces murs étaient ceux du rempart, sur lequel s'élevaient les jardins de quelques maisons voisines. Au rez-de-chaussée de la maison, la pièce la plus considérable était une salle dont l'entrée se trouvait sous la voûte de la porte cochère. Peu de personnes connaissent l'importance d'une salle dans les petites villes de l'Anjou, de la Touraine et du Berri. La salle est à la fois l'antichambre, le salon, le cabinet, le boudoir, la salle à manger ; elle est le théâtre de la vie domestique, le foyer commun ; là, le coiffeur du quartier venait couper deux fois l'an les cheveux de M. Grandet ; là entraient les fermiers, le curé, le sous-préfet, le garçon meunier. Cette pièce, dont les deux croisées donnaient sur la rue, était planchéiée ; des panneaux gris, à moulures antiques, la boisaient du haut en bas ; son plafond se composait de poutres apparentes, également peintes en gris, dont les entre-deux étaient remplis de blanc en bourre^ qui avait jauni. Un vieux

l.C'estla flore murale hiibituel- I guerres de religion. — En der-

leen Anjou. Balzac veille à l'exac- j nier lieu, les Vendéens s'étaient

titude ae ces détails. Quand il | emparés du château, le 9 juin

écrira Le Lys dans la Vallée, il se 1793. Nous sommes en 1819, trois

documentera scrupuleusement ans avant le complot militaire

avant de décrire un bouquet de organisé à Saumur par le géné-

fleurs tourangelles. j rai Berton.

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