ACTE PREMIER, PREMIER TABLEAU
qu'il est sur la tête... Veux-tu l'essayer ?... {Elle coiffe Tyltyl du petit chapeau vert.) A présent, tourne le diamant ... Un tour et puis après...
{A peine Tyltyl a-t-il tourné le diamant, qu'un changement soudain et prodigieux s'opère en toutes choses. La vieille fée est tout à coup une belle princesse merveilleuse ; les cailloux dont sont bâtis les murs de la cabane s'illuminent, bleuissent comme des saphirs, deviennent transparents, scintillent, éblouissent à l'égal des pierres les plus précieuses. Le pauvre mobilier s'anime et resplendit ; la table de bois blanc s'affirme atissi grave, aussi îioble qu'une table de marbre, le cadran de l'horloge cligne de l'œil et sourit avec aménité, tandis que la porte derrière quoi va et vient le balancier s' entr' ouvre et laisse s'échapper les heures, qui, se tenant les mains et riant aux éclats, se mettent à danser aux sons d'une musique délicieuse. Effarement légitime de Tyilyl qui s'écrie en montrant les Heures) '.
TYLTYL
Qu'est-ce que c'est que toutes ces belles darnes ?.
LA FÉE
N'aie pas peur; ce sont les heures de ta vie qui sont heureuses d'être libres et visibles un instant...
TYLTYL
Et pourquoi que les murs sont si clairs ?... Est-ce qu'ils sont en sucre ou en pierres précieuses ?...
LA FÉE
Toutes les pierres sont pareilles, toutes les pierres sont précieuses : mais l'homme n'en voit que quelques-unes...
{Pendant qu'ils parlent ainsi, la ferrie continue et se complète. Les âmes des Pains-deguatre-livres, sous la forme de bonshommes en maillots couleur croûte-de-pain, aJiuris et poudrés de farine, se dépêtrent de la huche et gambadent autour de la table où ils sont rejoints par le Feu, qui, sorti de l'dire en maillot soufre et vermillon, les poursttU en se tordant de rire.)