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PROPHYLAXIE

Au point de vue de la prophylaxie, la connaissance, seule, des serpents venimeux, c’est-à-dire de ceux qui possèdent un appareil inoculateur parfait, a un intérêt médical. Comme nous l’avons vu dans le chapitre consacré aux serpents de Colombie il y a quatre groupes qui méritent une étude attentive.

Dans la série proteroglyphe le genre Micrurus, dénommés entre nous Corales, sont très nombreux, mais ils causent très peu d’accidents. Ils vivent dans des terriers et sortent rarement à la surface du sol. Suivant les statistiques de l’Institut Butantan du Brésil, dans une période de temps de 29 ans, on a observé neuf accidents causés par ces serpents. Vu la rareté de ces accidents l’Institut ne prépare pas de sérums contre leurs morsures.

La série Solénoglyphe se distingue de tous les autres serpents d'Amérique par la présence d’une fossette profonde de chaque côté, entre l’œil et la narine : le genre Lachesis est représenté en Colombie par l’espèce Lachesis Mutus Linneu. Ce serpent, de même que les antérieurs, causent peu d’accidents; le plus souvent ils vivent dans les forêts; il est très redouté des paysans à cause de ses dimensions géantes et de son agressivité. Il n’existe pas actuelle-

ment de sérum contre leurs morsures.

Dans les genres Crotalus et Bothrops se trouvent les serpents qui produisent chez nous le plus grand nombre d'accidents : le premier est représenté par une seule espèce, le Crotalus Terrificus Durissus; le second par cinq espèces : B. Atrox, B. Nasuta, B. Monticelli, B. Schlegellii et B. Xanthogramma.

En Colombie on calcule à plus de 300 le nombre de décès par an dûs à la morsure des serpents. En tenant compte des occupations de la population rurale qui dans sa presque totalité se dédie à l’agriculture et à l’élevage, et vivent dans des endroits où ces reptiles sont particulièrement abondants, on peut déduire que la mortalité doit être plus élevée.

En Colombie, la sérothérapie est complètement ignorée par les gens de la compagne ou à défaut de médecins ils se soignent avec des produits qu’ils croient avoir un pouvoir curatif; par exemple, des breuvages vendus par des charlatans, l’alcool (on raconte qu'aux Etats-Unis d'Amérique, à l’époque du régime sec, les amateurs d’alcool se faisaient mordre par un serpent non venimeux pour pouvoir se procurer un peu de Wisky) on comprend que l’absorbtion de ces substances aggrave les effets produits par le venin, car la plupart d’entre eux ont un pouvoir toxique.

Pour pouvoir mener une lutte efficace contre l’ophidisme, voici les mesures qu’indique le Docteur Briceño Rossi, inspiré lui-même de celles que l’on pratique au Brésil et que nous reproduisons ici pour les croire les plus indiquées pour notre pays :

A Se

1° Création dans le Ministère d'Hygiène d’un service contre l’ophidisme avec dépendance dans la capitale de chaque département.

2° Publication constante dans la presse d’articles concernant la défense contre l’ophidisme, ou mieux distribution de prospectus parmi les agriculteurs et éleveurs.

3° Insinuer aux agriculteurs et propriétaires d’élevage de se munir d’une certaine quantité de sérum anti-venimeux en rapport avec le nombre d'employés. Le sérum garde ses propriétés curatives, en le conservant à l’abri de la lumière et dans un endroit frais, pendant six ans.

4° Stimuler les propriétaires à capturer des exemplaires vivants qu’ils devront envoyer au service respectif créé dans la capitale de chaque département. La capture de ces animaux a l’avantage de pouvoir se procurer le venin de différentes espèces qui servira pour l’étude de ses effets toxiques et immunologiques.

5° Que les propriétaires envoient aux services d’hygiène les observations recueillies par eux et l’exemplaire du serpent pour pouvoir connaître l'espèce qui cause le plus grand nombre d’accidents.

6° Le Ministère d'Hygiène fournira aux médecins sanitaires de chaque département une certaine quantité de sérum anti-venimeux pour échanger X ampoules contre les serpents capturés.

Cette pratique a rendu de grands services aux pays qui se sont préoccupés de la lutte contre l’ophi-

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